Modifié le 13 octobre 2015 à 11:05

L'armée suisse, même amincie, va remplacer un à un ses vieux camions

La Suisse achète toujours autant de camions que dans les années 1980.
L'armée suisse, même amincie, veut remplacer un à un ses 2700 vieux camions Le Journal du matin / 2 min. / le 13 octobre 2015
Le programme d'armement prévoit le remplacement de l'ensemble des quelque 2700 camions datant des années 1980, révèle la RTS. Entretemps, l'armée est pourtant passée de 650'000 à bientôt 100'000 hommes.

Une diminution de moitié des effectifs de l'armée suisse - à 100'000 soldats, six fois moins que dans les années 1980, à la fin de la Guerre froide - sera discutée par le prochain Parlement fédéral lors de sa première session.

Et pourtant, le nombre de poids-lourds devrait rester identique, le programme d’armement prévoyant le remplacement, un à un, de tous les vieux camions Saurer acquis dans les années 1980.

Besoin accru en mobilité

Utilisés avant tout pour le transport des troupes et du matériel, ces véhicules ne correspondent plus aux normes européennes et coûtent très cher à l'entretien. Personne ne conteste ainsi la nécessité de remplacer ces camions vieillissants.

Ce qui surprend, c’est l’ampleur de ce projet de renouvellement: les presque 2700 poids lourds ancienne génération seront remplacés par 2700 camions Iveco flambant neufs, à environ 250'000 francs l'unité.

Le Département fédéral de la défense (DDPS) justifie cette stratégie par la diminution des effectifs au fil des réformes. Moins d'hommes signifie un besoin accru en mobilité. Il faut donc adapter la capacité de transport, juge le DDPS.

Doutes sur le nouveau concept

Cette explication laisse sceptique plusieurs parlementaires. Certains élus pointent du doigt ce "nouveau concept de mobilité" défendu par l'état-major. Ils remettent en cause l'absence d'adaptation, justement.

Plusieurs parlementaires s'interrogent sur le bien-fondé des évaluations des besoins de l'armée. Un membre de la commission de la politique de sécurité des Etats envisage ainsi de demander la suspension et la révision des investissements en cours, pourtant avalisés par le Parlement lui-même.

800 véhicules déjà remplacés

Actuellement, 800 des 2700 véhicules ont déjà été remplacés. Toujours selon le même élu, une évaluation précise de la situation permettrait de déterminer s’il est nécessaire de poursuivre les acquisitions de camions, initiées en 2010, où, le cas échéant, d’y mettre un frein.

Des économies potentielles au moment où le Parlement doit se prononcer sur une hausse du budget de l’armée à 5 milliards de francs par an.

Michael Peuker/dk

Publié le 13 octobre 2015 à 07:19 - Modifié le 13 octobre 2015 à 11:05