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Le tabac à chauffer, une nouvelle technologie qui divise

Le siège de Phillip Morris aux Etats-Unis. [Henny Ray Abrams - EPA/Keystone]
Le tabac à chauffer, une nouvelle technologie qui divise / Le Journal du matin / 1 min. / le 7 août 2015
Après la cigarette électronique, voici la cigarette qu'on chauffe sans brûler le tabac. Une nouvelle technologie, développée par Phillip Morris et commercialisée depuis le début du mois, qui divise.

Pour certains, le tabac qu'on chauffe grâce à un étui doté d'une batterie représente une alternative intéressante à la cigarette classique. Mais les milieux anti-tabac restent, eux, très prudents, voire méfiants.

"Ce n'est pas une avancée"

Par exemple, la Ligue pulmonaire ne voit pas d'un bon oeil ce nouveau produit des cigarettiers. Elle estime qu'il s'agit d'un produit marketing avant tout, et craint qu'il ne séduise de nouveaux fumeurs.

"Par rapport aux jeunes, on sait que c'est la cible marketing des cigarettiers actuellement (...). Si l'industrie du tabac cherche à recruter de nouveaux consommateurs parmi les jeunes avec ce produit, c'est clair que ce n'est pas une avancée pour la santé publique", a indiqué à la RTS le porte-parole de la Ligue pulmonaire, Grégoire Vittoz.La cigarette qui chauffe le tabac, innovation lancée par Philip Morris. [Photopress/Philip Morris SA - Keystone]La cigarette qui chauffe le tabac, innovation lancée par Philip Morris. [Photopress/Philip Morris SA - Keystone]

"Un produit à moindre exposition"

Néanmoins, pour Jean-François Etter, professeur de santé publique à l'université de Genève, la cigarette à chauffer présente des avantages: "les réductions d'exposition aux substances toxiques sont très importantes, par exemple pour un gaz comme le monoxyde de carbone(...). On a affaire à un produit qui est à moindre exposition, sans doute à moindre risque", estime-t-il, sans pour autant parler de "cigarette propre".

Désormais, il faudra avant tout attendre les conclusions d'études indépendantes sur les effets à long terme de cette nouvelle génération de cigarette. Et cela devrait prendre encore des années.

Delphine Gendre/gchi

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