Modifié le 20 mai 2015 à 10:38

Côme, une seconde Lampedusa aux portes de la Suisse

Côme, une seconde Lampedusa aux portes de la Suisse.
Côme, une seconde Lampedusa aux portes de la Suisse Le Journal du matin / 4 min. / le 20 mai 2015
Alors que les migrants déferlent sur la Sicile, il existe désormais une "Lampedusa du Nord" à la frontière tessinoise: la ville de Côme, qui fait office de gare terminus pour des milliers d’entre eux.

Parmi les dizaines de milliers de migrants qui débarquent au sud de l'Italie après avoir traversé la Méditerranée, nombreux sont ceux à mettre le cap sur le nord et notamment la ville frontière formée par Côme et Chiasso, à proximité de la frontière suisse.

En général, ils arrivent trois semaines après avoir atteint l'Italie par la mer.

Le SMS pour communiquer

La ville de Côme doit jongler entre les clandestins illégaux refoulés par la Suisse et les arrivées quotidiennes depuis le sud. Et tout comme les passeurs, les autorités utilisent les SMS pour avertir les centres d’accueil des arrivées de migrants.

"Je consulte mes SMS parce que la préfecture de Côme me dit que demain, 50 migrants arriveront à Milan en provenance d’Agrigente, pour nous. Et toujours demain, 150 personnes, dont 11 pour nous arriveront de Catane. Des SMS comme ceux-ci, j’en ai pratiquement reçu une quarantaine ces derniers jours", explique Roberto Bernasconi, diacre et directeur de Caritas pour le diocèse de Côme.

Roberto Bernasconi ne sait plus où placer ses protégés. Avec son équipe, il s’occupe quotidiennement de quelque 700 migrants et négocie tous les jours des places dans des structures publiques ou paroissiales désaffectées ou encore des hôtels.

Pression sur le Tessin

La situation se reflète aussi sur le front tessinois. "Nous vivons une situation assez tendue depuis trois semaines. Les 70 arrivées hebdomadaires en moyenne sont passées à 200. Cette semaine, nous en attendons même 300, probablement 400", estime Fabrizio Ghelmini, major auprès des gardes-frontière du Tessin.

De fait, les demandes d'asile augmentent en Suisse au même rythme que dans l'UE:

L'augmentation des demandes d'asile s'explique par le nombre de conflits dans le monde.
Dominic Favre - Keystone
Le Journal du matin - Publié le 20 mai 2015

Nicole Della Pietra/oang

Publié le 20 mai 2015 à 08:53 - Modifié le 20 mai 2015 à 10:38

Aide financière mal perçue

Les organisations comme Caritas perçoivent 35 euros par jour et par personne, versés par le gouvernement italien. Cela représente plus de 1000 euros par mois, soit le salaire moyen d’un travailleur italien à plein temps. Et ce montant versé par l’Etat aux organisations caritatives pour des migrants passe mal.

"Oui, la crise génère une grande pauvreté sur notre territoire", reconnaît Roberto Bernasconi. "Mais ces 35 euros ne sont pas simplement donnés aux migrants. Ils sont dépensés en nourriture achetée dans des magasins italiens. Ils donnent du travail à nos jeunes. 80% à 90% de cet argent retourne dans les poches des Italiens".