Modifié le 20 avril 2015

"A l'institut Marini, il y avait un groupe de sadiques, pervers et pédophiles"

Mgr Charles Morerod: "A l'institut Marini, il y avait un groupe de sadiques, pervers et pédophiles"
Mgr Charles Morerod: "A l'institut Marini de Montet (FR), il y avait un groupe de sadiques, pervers et pédophiles" Info / 1 min. / le 17 avril 2015
Interrogé par Temps Présent, Mgr Charles Morerod admet la présence de pédophiles à l'institut Marini de Montet (FR) entre 1930 et 1940 et suggère qu'une des victimes, qui s'était plainte, a trouvé la mort.

"A l'institut Marini, il y avait (...) un groupe de sadiques, pervers et pédophiles", a constaté Mgr Charles Morerod. Il s'agissait de prêtres, du directeur et de laïcs, dont la soeur du prêtre-directeur.

"A un moment donné, on abusait sexuellement de mineurs placés, qui, en outre, ont été parfois battus, devant tout le monde", reconnaît l'évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg à Temps Présent.

"Il y a un cas où un enfant est allé se plaindre", poursuit-il, "Il est rentré à l'institut et quelques jours plus tard, il est mort". Le décès n'est pas expliqué, "mais ça fait franchement froid dans le dos", estime-t-il.

Complicité de la société

"Ce que j'ai pu lire est totalement écoeurant", confie l'évêque à un ex-pensionnaire, régulièrement victime d'abus.

"Il y avait une complicité interne à l'institut et une complicité de la société", analyse-t-il.

>> L'intégralité de l'émission "Enfants placés, les dossiers de la honte" sera diffusée le 23 avril à 20h10 sur RTS1.

En début d'année, Mgr Morerod a lancé une enquête, qu'il a confiée à deux historiens externes à l'église. >> Lire: Enquête sur les abus dans un ex-pensionnat catholique fribourgeois

Géraldine Genetti/bri

Publié le 20 avril 2015 - Modifié le 20 avril 2015

De la maltraitance à la réparation

De la fin du XIXe siècle jusqu'en 1981, des milliers enfants sont placés dans des institutions, des familles, des paysans ou même des prisons, où ils sont victimes de maltraitances morales ou physiques.

En 2013, la Confédération, par la voix de la ministre Simonetta Sommaruga, demande pour la première fois pardon à ces personnes et promet une recherche nationale, un accès aux archives pour les victimes et un fonds de solidarité. Une table-ronde est organisée. Une aide financière immédiate est lancée, en attendant la mise en place du fonds de solidarité.

Fin 2014, une initiative "pour la réparation" est déposée à la chancellerie. Elle demande la création d'un fonds de 500 millions de francs. Dans un contre-projet en cours de préparation, le Conseil fédéral propose de verser 250 à 300 millions de francs aux victimes.