Modifié le 08 mars 2015 à 20:42

La Suisse a fourni pour 90 millions de francs de matériel militaire à la Russie

Une vente de matériaux de camouflage suisse a été autorisée vers la Russie malgré l'embargo
Une vente de matériaux de camouflage suisse a été autorisée vers la Russie malgré l'embargo 19h30 / 1 min. / le 08 mars 2015
Malgré l'annexion de la Crimée et le conflit ukrainien, la Confédération a autorisé l'exportation vers la Russie de filets de camouflage high-tech pour un montant de quelque 90 millions de francs.

Le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) a donné son feu vert à la transaction invoquant que le contrat de vente avait été finalisé avant la date de mise en application de l'embargo.

Le porte-parole du SECO, Fabian Maienfisch a confirmé dimanche une information du "Matin Dimanche" et de la "SonntagsZeitung".

A la fin du mois d'août 2014, le Conseil fédéral a décidé d'interdire "la vente, la fourniture, l'exportation et le transit" de biens à double usage (dual-use), civils et militaires, à la Russie et en Ukraine.

Tissu indétectable

Pourtant, le SECO a autorisé jusqu'à la fin 2014 un contrat en deux tranches sur un tissu spécial indétectable aux capteurs infrarouges ou aux radars.

L'avantage militaire d'une telle marchandise peut être énorme. Grâce à ce tissu, il est possible de concevoir des filets de camouflage ou des uniformes spéciaux. Les soldats et le matériel militaire (tanks, camions) deviennent ainsi invisibles aux capteurs infrarouges ou aux radars.

ats/lan

Publié le 08 mars 2015 à 18:18 - Modifié le 08 mars 2015 à 20:42

Vente exceptionnelle

Ce commerce de biens à double usage avec la Russie est exceptionnel. Jamais la Suisse n'a vendu autant de matériel militaire à une société russe, a encore indiqué Fabian Maienfisch aux deux journaux dominicaux.

Pour mémoire, d'autres Etats avaient déjà stoppé la vente de ce genre de matériel vers la Russie avant l'été passé. En février l'Allemagne avait renforcé ses conditions d'exportation. Fin juillet, l'UE et les Etats-Unis avaient élargi leurs sanctions, durcissant les critères pour la livraison de matériel high-tech.