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Les firmes suisses ont dépensé 50 millions pour les élections américaines

Les entreprises suisses mettent de gros moyens à disposition pour les élections américaines. [MICHAEL REYNOLDS - Keystone]
Les entreprises suisses mettent de gros moyens à disposition pour les élections américaines. [MICHAEL REYNOLDS - Keystone]
Les entreprises suisses actives aux Etats-Unis ont dépensé près de 50 millions de dollars pour défendre leurs intérêts pour les élections de mi-mandat, finançant notamment des membres du Tea Party.

Sur les 20 entreprises qui composent le Swiss Market Index (SMI, principal indice de la Bourse suisse), onze détenant des filiales aux Etats-Unis ont versé près de 50 millions de dollars (48,3 millions de francs) pour influer sur la politique américaine depuis le début de la campagne électorale pour les mid-terms, dont 43,1 millions pour les lobbies.

Quel montant pour les firmes helvétiques?

Aux Etats-Unis, les entreprises peuvent légalement financer des personnes physiques et morales. Soit en versant de l'argent à des candidats de parti, à des comités de parti ou à des Pacs - des structures créées pour financer les dépenses électorales -, soit en subventionnant les associations professionnelles jouant le rôle de lobbyistes.

La banque UBS arrive en tête de liste des contributions directes, selon des chiffres publiés par Opensecrets.org et compilés par la RTS. Avec 2,2 millions de dollars de contributions à des Pacs, elle devance Credit Suisse, qui a dépensé pour les élections de mi-mandat plus de 1,2 million de dollars. Suivent ensuite Zurich Financial Services (788'000 dollars), Novartis (615'900), Roche (562'000) ou encore Syngenta (69'715).

Partis, lobbies et candidats

Ces fonds se retrouvent distribués selon les intérêts des entreprises dans la politique américaine. Les millions d'UBS sont ainsi alloués à 56% aux républicains, à qui Credit Suisse destine 53% de ses dons, et Zurich Financial Services 67%.

Les candidats bénéficient aussi d'un soutien financier venant des entreprises helvétiques. Celles-ci financent parfois des campagnes de candidats ultra-conservateurs. (lire ci-contre)

Les lobbies encaissent également

Les lobbies professionnels jouent aussi un rôle important dans la campagne et permettent aux entreprises d'offrir des financements plus discrets. Les onze mêmes entreprises ont dépensé pour ces élections un total de 43,1 millions de dollars.

Novartis, avec plus de 12,5 millions de dollars versés à des associations professionnelles, est la plus généreuse. Sans surprise, le secteur de la santé aux Etats-Unis est le principal bénéficiaire de cette manne financière. Comme pour l'entreprise Roche, qui lui a versé 8,8 millions de dollars. Les 5,1 millions de dollars investis par Zurich Financial Services visent la fiscalité et les assurances.

13 millions pour Novartis

Au final, UBS aura dépensé entre 2013 et 2014 aux Etats-Unis un peu plus de 3 millions de dollars en vue des élections de mi-mandat, loin derrière Novartis et ses 13 millions de dollars versés à divers candidats, organisations et lobbies.

Roche et Nestlé auront dépensé respectivement plus de 9,3 et 6,2 millions de dollars dans la campagne des "mid-terms" aux Etats-Unis.

gchi/mre

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Financements pour les membres du Tea Party

Les entreprises suisses n'hésitent pas à verser de l'argent à des candidats très conservateurs. Comme UBS, qui a versé plus de 17'000 dollars à Ed Royce, candidat républicain et membre du mouvement du Tea Party.

L'entreprise de réassurance Swiss Re a par exemple versé 2500 dollars au candidat républicain Randy Neugebauer, considéré comme un des membres les plus conservateurs du Congrès.

Au final, et bien qu'il manque des chiffres précis, on estime à plus d'une dizaine le nombre de membres du Tea Party figurant parmi les principaux bénéficiaires des fonds des entreprises suisses.

A propos de Opensecrets.org

Opensecrets.org est une base de données en ligne créée en 1996 par le Center for Responsive Politics, un groupe de recherche non-partisan basé à Washington.

Cette base de données permet notamment de suivre les transferts monétaires en lien avec le financement des partis politiques et des candidats lors des campagnes électorales.

Le Center for Responsive Politics a été fondé en 1983 par deux anciens sénateurs, républicain et démocrate. Son objectif global vise à soutenir l'éducation civique et à responsabiliser davantage les électeurs.