Modifié le 10 octobre 2014 à 18:08

Le nombre d'avortements liés à la trisomie a augmenté en Suisse

Un jeune enfants atteint de trisomie. (photo d'illustration)
Un jeune enfants atteint de trisomie. (photo d'illustration) [KIRILL KUDRYAVTSEV - ]
Le diagnostic d'une anomalie chromosomique pousse 90% des femmes à avorter, selon des chiffres vaudois dévoilés vendredi par le Tages-Anzeiger. Ce choix est fait six fois plus souvent qu'en 1989.

Lorsqu'un diagnostic prénatal révèle qu'un foetus est atteint de trisomie 21 ou du syndrome de Down, 90% des femmes décident d'avorter, montrent les chiffres du canton de Vaud et du CHUV.

Cette statistique est passée de quatre avortements pour 10'000 naissances en 1989 à 24 en 2012, explique vendredi le Tages-Anzeiger.

Le nombre de cas d'anomalies chromosomiques a également augmenté. Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), Le nombre d'enfants nés trisomiques a plus que doublé en 10 ans, passant de 0,56 à 1,08 pour mille en comparaison du nombre de naissances.

Peur du diagnostic

Cette hausse est principalement liée à l'augmentation des grossesses tardives. La probabilité est de 0,1% pour une femme de 25 ans, mais devient dix fois plus importante après 40 ans.

Anita Rauch, directrice de l'insitut de génétique médicale de l'Université de Zurich, explique également l'augmentation des cas par le refus des mères de subir un diagnostic prénatal, par peur de risquer une fausse couche.

jvia

Publié le 10 octobre 2014 à 17:20 - Modifié le 10 octobre 2014 à 18:08

Les chiffres vaudois comme référence

"Nous sommes le seul centre en Suisse à récolter systématiquement ces données", a expliqué Marie-Claude Addor, directrice de la Division autonome de génétique médicale du CHUV, au Tages-Anzeiger.

Le canton de Vaud, qui compte 8000 naissances par an, représente 10% des accouchements en Suisse et peut servir de référence pour tout le pays.

Les chiffres vaudois correspondent en outre à ceux d'Eurocat, le centre de surveillance européen des anomalies congénitales.

Diagnostics en cliniques privées

De nombreux cantons ont renoncé à collecter les chiffres, étant donné que la plupart des diagnostics ont lieu dans des cliniques privées.

La plupart des centres médicaux de Suisse se sont retirés du programme Eurocat en 2002, à l'exception de Lausanne.