Modifié le 19 mai 2014

Le salaire minimum à 4000 francs balayé par 73,6% des votants

Si elle avait accepté l'initiative des syndicats, la Suisse aurait adopté le salaire minimum le plus élevé du monde.
Si elle avait accepté l'initiative des syndicats, la Suisse aurait adopté le salaire minimum le plus élevé du monde. [Salvatore Di Nolfi - Keystone]
Trois quarts des Suisses, soit 2,2 millions de votants, ont refusé dimanche l'initiative des syndicats qui proposait d'introduire un salaire minimum à 4000 francs bruts par mois.

Des centaines de milliers de salariés à plein temps continueront de toucher moins de 4000 francs bruts par mois en Suisse. Par 76,3% des voix, le peuple a balayé dimanche l'introduction d'un salaire minimum.

L'initiative de l'Union syndicale suisse (USS) a même été rejetée à Neuchâtel et dans le Jura, qui avaient adopté des projets similaires au niveau cantonal.

La participation s'est élevée à plus de 56%, dépassant celle du 9 février, lors du scrutin de l'UDC "contre l'immigration de masse".

2,2 millions de votants ont dit non

Le salaire minimum a été refusé par 2,2 millions de votants. Seuls près de 688'000 l'ont accepté. Le résultat constitue une claque pour les syndicats, qui n'ont même pas réussi à mobiliser le socle d'électorat potentiel de la gauche.

A titre comparatif, en novembre, l'initiative "1:12" de la Jeunesse socialiste visant à plafonner les salaires des top managers avait été repoussée par 65,3% des voix.

Refus unanime dans les cantons

Le refus le plus modéré est venu de Bâle-Ville, avec 62,3% des voix, suivi de près par le Jura, avec 64,1%. Les observateurs avaient pourtant parié sur un soutien, le canton ayant adopté une initiative réclamant un revenu minimum l'an dernier.

Le même cas de figure s'est présenté à Neuchâtel, où le texte de l'USS a été rejeté par 68,1%. En Valais, l'initiative populaire a été balayée par 82% des voix - une initiative cantonale exigeant un revenu minimal de 3500 francs a subi le même sort.

Les Fribourgeois ont dit non à 75,1%, tout comme les Vaudois (71,7%) et les Genevois (66,1%). Le refus des Bernois s'est inscrit à 76,2%, celui des Tessinois à 68%.

L'opposition la plus véhémente s'est concentrée à Appenzell Rhodes-intérieures, avec 87,9% des votants. Nidwald (87,2%) et Schwyz (86,4%) suivent de près.

Les milieux économiques écoutés

La majorité a suivi le raisonnement des milieux patronaux, qui ont vu dans le salaire minimum un autogoal économique.

L'USS peut néanmoins se targuer d'avoir obtenu un certain succès. Nombre d'entreprises ont en effet annoncé des hausses de salaires ces derniers mois pour se plier au 4000 francs.

Pour revoir le déroulé de la journée: Les Suisses refusent le Gripen et le salaire minimum

ats/jgal

Publié le 18 mai 2014 - Modifié le 19 mai 2014

Johann Schneider-Ammann très satisfait

Johann Schneider-Ammann s'est montré satisfait dimanche . "C'est un signal clair en faveur de notre place économique, de notre marché du travail et d'un partenariat social vécu", a jugé le ministre de l'économie devant la presse.

"Le travail est la meilleure antidote à la pauvreté", a affirmé le conseiller fédéral, fustigeant toute solution rigide ne tenant pas compte des besoins particuliers des branches et des régions.

Le vote de dimanche est un soutien clair au "modèle qui fait la force et le succès de la Suisse", a pour sa part interprété la vice-présidente du PLR, Isabelle Moret.

Les syndicats accusent le coup

Travail.Suisse a pris acte dimanche du résultat, mettant la défaite sur le compte de la diffusion d'un sentiment de peur des adversaires et la campagne en millions de francs de l'économie.

Pour Daniel Lampart, économiste en chef de l'Union syndicale suisse (USS), "les gens veulent que ce soient les conventions collectives de travail (CCT) qui garantissent de bons salaires."

Ce résultat est aussi une "claque pour les femmes", qui forme la majorité des "working poor" en Suisse, estiment les Femmes socialistes suisses.