Modifié le 17 mai 2014 à 21:03

Le sponsoring de Nestlé inquiète le président du Conseil des EPF

Fritz Schiesser.
Le président des EPF désavoue les pratiques de l'EPFL Forum / 4 min. / le 17 mai 2014
Le président du Conseil des écoles polytechniques fédérales, Fritz Schiesser, a critiqué samedi le droit de regard de Nestlé sur les professeurs engagés dans les chaires qu'elle cofinance à l'EPFL.

Le président du Conseil des écoles polytechniques fédérales (EPF), Fritz Schiesser, a fait part samedi dans le Tages Anzeiger de ses craintes concernant le sponsoring de chaires de l'EPF de Lausanne par Nestlé.

Pour le surveillant des EPF, "les sponsors qui financent une chaire universitaire ne doivent pas y exercer un droit de veto".

Un document publié jeudi par la "Wochenzeitung" révélait en effet le droit de regard de Nestlé sur le choix des professeurs des deux chaires qu'elle cofinance avec l'EPFL.

Cas examiné par le Conseil

Interrogé par la RTS à la suite des révélations, le président de l'EPFL Patrick Aebischer avait défendu ce contrat. Pour lui, lorsqu'un sponsor fournit des moyens pour développer une chaire, il doit pouvoir donner son avis sur le professeur qui va la représenter, sans que celui-ci soit pour autant limité dans sa liberté académique.

Le cas sera examiné par le Conseil des EPF la semaine prochaine.

jvia

Publié le 17 mai 2014 à 17:06 - Modifié le 17 mai 2014 à 21:03

Contrat jusqu'en novembre

Le contrat entre Nestec (filiale de Nestlé) et l'EPFL, conclu en 2006 et déjà prolongé une fois, court jusqu'en novembre 2014. Il concerne le financement de deux chaires à raison de 5 millions de francs par an.

Selon les sources du Tages Anzeiger, aucune négociation sur un éventuel renouvellement n'est en cours. "C'est l'EPFL et Patrick Aebischer qui décideront si et sous quelle forme la coopération doit se poursuivre", indique Fritz Schiesser.

Débat en commission du National

La commission scientifique du Conseil national a mené vendredi une audience au sujet du sponsoring de chaires universitaires. Les efforts de réglementation proposés par la gauche, notamment à travers une motion demandant davantage de transparence, ont été balayés.

Toujours selon le Tages Anzeiger, pour l'UDC Peter Keller, le débat relève de l"hystérie politique".

Quant au président du PDC Christophe Darbelley, il considère que la Suisse peut s'estimer chanceuse de voir coopérer deux de ses "fleurons" tels que l'EPFL et Nestlé.

"Pas dans la culture académique"

Le Président de la Conférence des recteurs des universités suisses, Antonio Loprieno, rejoint l'avis de Fritz Schiesser. Pour lui, "un droit de veto accordé aux sponsors privés ne fait pas partie de la culture académique".

Il souligne encore que les Hautes écoles helvétiques se trouvent dans une phase "d'apprentissage" dans leurs rapports avec les sponsors privés et les mécènes, même si ceux-ci deviennent nécessaires, en raison de la hausse des coûts de la recherche.