Modifié le 16 mai 2014 à 09:01

Travail.Suisse réclame quatre semaines de congé pour les nouveaux pères

Le syndicat Travail Suisse relance la bataille du congé paternité
Travail Suisse relance la bataille du congé paternité 12h45 / 1 min. / le 15 mai 2014
Le syndicat Travail.Suisse demande jeudi un congé paternité de quatre semaines, proposant de le financer par les allocations pour perte de gain. Le Conseil fédéral estime ce coût à 384 millions par an.

Travail.Suisse demande quatre semaines de congé paternité. Les quelques jours très variables accordés actuellement au gré des employeurs privés et publics ne correspondent plus à l'évolution de la société et du rôle des pères, a affirmé le syndicat jeudi à Berne devant la presse.

L'étude qu'il a menée montre que le secteur public accorde aux pères un congé payé oscillant entre deux et dix jours, le secteur privé un à deux jours. Cela ne suffit pas, estime la faîtière syndicale. Il souhaite que celui-ci soit financé, comme pour le congé maternité, par les allocations pour perte de gain (APG).

Trop cher, selon le Conseil fédéral

Le Conseil fédéral estime à 384 millions par an le coût d’un congé paternité de quatre semaines (28 indemnités journalières) en se basant sur les données de 2012. Selon Travail.Suisse, cela n'engendrerait qu'une augmentation minime, voire aucune augmentation des cotisations dues à l'APG, dont les comptes affichent actuellement des excédents (148 millions en 2013).

ats/sbad

Publié le 15 mai 2014 à 10:26 - Modifié le 16 mai 2014 à 09:01

Des cantons à "l'âge de pierre"

Du côté des cantons, sept d'entre eux "en sont toujours à l'âge de pierre", peste le syndicat. Les fonctionnaires bernois, glaronnais, soleurois, argoviens, appenzellois (Rhodes-Intérieures) et thurgoviens ne bénéficient que de deux jours de congé paternité. Dans le canton d'Obwald, il se réduit même à un jour.

Les congés en jours isolés

Les pères pourraient faire usage de leur quatre semaines de congé au cours de l’année qui suit la naissance et, s’ils le désirent, en jours isolés.

Il serait donc possible, durant 20 semaines, de réduire de 20% le temps de travail, ce qui pourrait représenter le début d’une activité à temps partiel pour le père.

La Ville de Lausanne plus favorable aux pères

S'ils se montrent globalement plus généreux envers les jeunes pères que leurs homologues privés, les employeurs publics n'ont pas pour autant des pratiques homogènes. Selon une étude de Travail.Suisse, la Ville de Lausanne propose le congé paternité le plus long.

Les fonctionnaires de la capitale vaudoise bénéficient de 21 jours de congé. Suivent ceux des capitales genevoise (20 jours) et bernoise (15 jours).

De façon générale, les villes accordent davantage de jours de congé à leurs employés devenus papas que les cantons. Travail.Suisse met cependant le doigt sur des exceptions: à Neuchâtel, les jeunes pères n'ont ainsi droit qu'à une journée. Quant à la Ville de Fribourg, elle a réduit le congé de 5 à 3 jours.