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Deux cerveaux présumés d'Al-Qaïda devant le Tribunal pénal fédéral

Le verdict du procès des deux frères kurdes d'Irak, jugés au Tribunal pénal fédéral de Bellinzone, sera rendu vendredi. [Karl Mathis - Keystone]
Des cerveaux présumés d'Al-Qaïda jugés devant le Tribunal pénal fédéral / Audio de l'info / 1 min. / le 28 avril 2014
Le procès de deux frères kurdes soupçonnés d'avoir soutenu depuis Bâle une cellule terroriste liée à Al-Qaïda s'est ouvert lundi à Bellinzone. Ils auraient fait de la propagande en ligne.

Deux frères kurdes d'Irak comparaissent dès lundi devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone. Ils sont accusés d'appartenir à une organisation salafiste-jihadiste affiliée au réseau islamiste Al-Qaïda.

Basés à Bâle, les deux suspects auraient fait de la propagande terroriste sur internet entre 2003 et 2008.

Rapport des renseignements

La défense a affirmé qu'il n'existe pas de soupçon suffisant à l'encontre de l'accusé principal, aujourd'hui âgé de 35 ans. Les avocats des prévenus ont fondé leur argumentation sur un rapport des services de renseignement.

Ce document a conduit, selon eux, à renforcer la surveillance du principal accusé, avant qu'il soit interpellé en 2008. Celui-ci aurait refusé de travailler comme informateur secret, ce qui aurait été le déclencheur d'une procédure pénale jugée "inadmissible" par les avocats.

Le procès doit durer deux jours et le jugement est attendu le 2 mai.

ats/jvia

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Réunions virtuelles de propagande

Selon le tribunal, les prévenus ont travaillé sous la direction de Najmuddin Faraj Ahmad, alias Mullah Krekar, fondateur et ancien dirigeant de l'organisation terroriste Ansar al Islam.

Le principal accusé, serait le cofondateur de l'organisation "Centre Didi Nwe département étranger", créée en 2003.

La structure exploitait plusieurs plate-formes internet pour la diffusion, à titre de propagande, d'attaques terroristes et de messages du réseau. Des réunions virtuelles de sympathisants potentiels et actifs étaient aussi organisées.

Des enjeux pour la Suisse

Pour Jean-Marc Rickli, professeur assistant au King's College de Londres, ce procès montre une tendance, l'installation de ces groupements dans notre pays.

Le chercheur rappelle que la plupart de leurs activités sont logistiques. La Suisse peut servir de base de recrutement, de financement et de coordination.

"Avec le développement des technologies, ce qu'on voit actuellement, c'est un recrutement intensif sur Internet. Et c'est tout l'enjeu du procès de Bellinzone", souligne Jean-Marc Rickli.