Modifié le 17 février 2014 à 19:07

L'auteur du détournement d'avion à Genève-Cointrin était le copilote

Avion détourné - Le trajet minute par minute
Le trajet de l'avion minute par minute L'actu en vidéo / 1 min. / le 17 février 2014
L'aéroport de Cointrin a été fermé lundi jusqu'à 8h45 après le détournement d'un avion éthiopien par son copilote. Le pirate de l'air a été arrêté et personne n'a été blessé.

L'aéroport de Cointrin a été fermé pendant plus de 2 heures lundi matin après qu'un avion d'Ethiopian Airlines a été détourné sur l'aéroport de Genève. Le pirate de l'air, qui était le copilote de l'appareil, a été arrêté et tous les passagers sont sains et saufs.

Les vols ont repris

Les vols au départ de l'aéroport ont pu reprendre vers 8h05 et les arrivées aux alentours de 08h45. De nombreux vols ont été annulés, a fait savoir son directeur général Robert Deillon. La situation s'est peu à peu rétablie dans l'après-midi.

Le trajet du vol ET702 au-dessus de Genève avant son atterrissage forcé à Cointrin.
Le trajet du vol ET702 au-dessus de Genève avant son atterrissage forcé à Cointrin. [ - www.flightradar24.com]

Le vol Et702 avait 202 personnes à son bord. Les passagers, en majorité italiens, sont sortis un par un et ont été pris en charge médicalement et psychologiquement. Certains ont été fouillés et auditionnés. L'appareil était entouré de dizaines de policiers des troupes d'élite.

Non armé, le pirate de l'air est descendu de l'appareil depuis le cockpit à l'aide d'une corde et il a demandé l'asile en Suisse. Sa demande "ne part pas sur de bonnes bases", a indiqué le conseiller d'Etat Pierre Maudet lors de la conférence de presse des autorités genevoises à Cointrin (voir compte-rendu ci-dessous).

Prémédité

Parti d'Addis-Abeba, en Ethiopie, peu après minuit, l'appareil devait rallier Rome à 04h40. Le suspect, d'origine éthiopienne, a profité de l'absence du pilote, parti aux toilettes, pour prendre le contrôle de l'appareil. Celui-ci survolait alors le Soudan.

Le copilote a d'abord annoncé vouloir faire le plein de kérosène à Genève. Puis il a expliqué au contrôle aérien italien que l'avion était détourné. "L'avion était alors en train de survoler le sud de l'Italie. La demande a d'abord été refusée", a expliqué Xavier Wohlschlag, directeur des opérations à Genève aéroport.

Escorté par des appareils italiens et français (voir encadré), l'engin a atterri à Genève à 06h02, après avoir tourné pendant une heure au-dessus de la région.

L'enquête sera menée au niveau fédéral. Le suspect risque 20 ans de prison pour son acte.

>> La demande d'asile du pirate de l'air à la tour de contrôle de Cointrin, selon le journaliste américain Matthew Keys:

cab

Publié le 17 février 2014 à 07:13 - Modifié le 17 février 2014 à 19:07

L'armée ne vole qu'aux heures de bureau

Le Boeing a été accompagné par l'armée italienne dans l'espace aérien italien. Puis l'armée française a pris le relais sur son espace aérien, jusqu'à Genève.

Pour des raisons financières, les forces aériennes suisses ne sont opérationnelles que de 08h à 12h et de 13h30 à 17h.

Le dernier cas remontait à 1987

Le dernier détournement d'avion à Genève datait de 1987 et avait fait un mort et trente blessés.

Hussein Harriri, un Libanais de 21 ans, avait détourné un DC10 d'Air Afrique effectuant la liaison Brazaville-Bangui-Rome-Paris.

En manque de carburant, l'avion s'était posé à Genève.

Le pirate, membre du Hezbollah, a été condamné à 17 ans de réclusion en Suisse, et après plusieurs évasions suivies d'arrestations Hussein Hariri a regagné le Liban en 2004.

Sans antécédents judiciaires

"J'ai préparé mon coup et je demande l'asile politique en Suisse", a indiqué à la police le suspect, qui s'est dit "menacé" dans son pays.

Le ministre éthiopien de l'Information a lui estimé que le copilote n'avait aucune raison de fuir l'Ethiopie.

Né en 1983, le suspect travaille pour le transporteur aérien éthiopien depuis cinq ans. Il n'a pas d'antécédents judiciaires.

"De ce que nous savons jusqu'ici, il était médicalement sain", a précisé le ministre éthiopien de l'Information.

Le compte-rendu de la conférence de presse à Cointrin