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Désavoué dans les urnes, le Conseil fédéral veut agir vite sur l'immigration

Le Conseil fédéral a refusé de parler de "dimanche noir", mais il faisait grise mine dimanche soir. [Thibaut Schaller - RTS]
Le Conseil fédéral a refusé de parler de "dimanche noir", mais il faisait grise mine dimanche soir. [Thibaut Schaller - RTS]
Le Conseil fédéral a pris acte dimanche du oui à l'initiative contre l'immigration de masse alors que la Commission européenne a déclaré qu'elle en examinera les implications sur les relations bilatérales.

Le peuple a tranché, le Conseil fédéral va faire en sorte de mettre en oeuvre rapidement sa décision. Contrairement à Jean-Pascal Delamuraz qui avait lancé son célèbre "c'est un dimanche noir" après le refus de l'EEE, Simonetta Sommaruga et Didier Burkhalter se sont gardés de trop laisser transparaître leur déception dimanche après l'acceptation de l'initiative de l'UDC "contre l'immigration de masse".

Le président de la Confédération a notamment rappelé que le système helvétique se fonde sur le fait que le peuple peut décider ce qu'il veut.

>> Les Suisses acceptent l'initiative de l'UDC contre l'immigration de masse

A partir de là, le gouvernement va tout faire pour mettre en oeuvre la décision. Simonetta Sommaruga compte mettre en consultation cette année encore un projet d'application de l'article constitutionnel issu de l'initiative de l'UDC. "Même si ce texte laisse nombre de questions ouvertes", a noté la ministre de la Justice.

L'heure est aux négociations, selon les partis

De leur côté, les partis opposés à l'initiative veulent débuter au plus vite les négociations avec l'UE pour préserver la voie bilatérale.

Le défi que doit relever le Conseil fédéral n'a rien d'une promenade de santé, estime le PDC dans un communiqué.

Christoph Blocher doit conduire les discussions avec l'UE, estime le PLR. Le conseiller national UDC "se doit de trouver une bonne solution pour notre pays".

Pour les Verts, il "incombe au Conseil fédéral de limiter les dégâts" en négociant avec l'UE.

Il s'agit de prendre des mesures dans les domaines de l'environnement, du trafic et de l'aménagement du territoire, complètent les Vert'libéraux.

ats/jgal

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Les milieux économiques sont inquiets

La déception est de mise au sein d'economiesuisse et de l'Union patronale suisse après le oui dimanche à l'initiative UDC contre l'immigration de masse.

Les deux faîtières veulent maintenant que des solutions "modérées et non bureaucratiques" soient trouvées pour limiter autant que possible les dégâts pour la place économique suisse.

Parallèlement, elles soutiendront le gouvernement pour expliquer la décision du souverain à l'Union européenne.

Premier scrutin gagné par l'UDC depuis 4 ans

Avec son initiative sur l'immigration, l'UDC a remporté un vote contre les autres partis gouvernementaux après presque quatre ans sans victoire. L'UDC est du côté des vainqueurs pour la septième fois depuis 2004.

L'UDC l'avait emporté pour la dernière fois avec l'initiative pour le renvoi des étrangers criminels en novembre 2010. C'était sa première victoire avec sa propre initiative. Un an auparavant, le peuple avait dit oui à l'initiative sur les minarets: l'UDC était alors le seul parti gouvernemental à soutenir les initiants.

Dimanche soir, Christoph Blocher, à l'origine de l'initiative, a salué le résultat sur sa propre chaîne télévisée.

L'UE reverra "l'ensemble des relations"

La Commission européenne a "regretté" dimanche le vote des Suisses en faveur des quotas d'immigration, selon un communiqué. Ce vote viole le principe de la libre circulation des personnes entre la Suisse et l'Union européenne.

La Commission "examinera les implications de cette initiative sur l'ensemble des relations entre l'UE et la Suisse", ajoute le texte.

L'extrême-droite réagit dans toute l'Europe

Le scrutin suisse n'est pas passé inaperçu dans les rangs antieuropéens à l'étranger. La présidente du Front national français Marine Le Pen a notamment réagi sur Twitter. Le leader du parti britannique populiste europhobe UKIP, Nigel Farage, a parlé de "merveilleuse nouvelle". En Autriche, le dirigeant du parti d'extrême droite FPÖ Heinz Christian Strache, a salué un "grand succès".