Modifié le 06 décembre 2013 à 09:07

L'assassin de Lucie échappe à l'internement à vie

Le meurtre de la jeune Lucie avait ému la population fribourgeoise qui s'est mobilisée à de nombreuses reprises.
L'assassin de Lucie échappe à l'internement à vie Le 12h30 / 3 min. / le 05 décembre 2013
Le Tribunal fédéral a accepté le recours de l'assassin de Lucie et annulé le verdict du Tribunal supérieur du canton d'Argovie qui demandait l'internement à vie.

L'assassin de Lucie échappe à l'internement à vie. Le Tribunal fédéral (TF) a accepté son recours et annulé le verdict du Tribunal supérieur du canton d'Argovie (lire aussi: Le meurtrier de Lucie fait recours contre son internement à vie).

"Ca me fait peur"

"Seul celui qui n'est effectivement accessible à aucun traitement sa vie durant peut être interné", indique le tribunal. Sa décision, très attendue, est la première rendue en application de l'initiative populaire sur l'internement à vie des criminels dangereux, acceptée en votation le 8 février 2004.

Réagissant à cette décision et face à la perspective de voir l'assassin de sa fille sortir un jour de prison, le père de Lucie a "un goût amer". "Ca me fait peur", a dit Roland Trezzini sur les ondes de la RTS.

Contre la justice argovienne

Le TF contredit la justice argovienne, pour qui un pronostic défavorable sur une période de vingt ans suffit à prononcer un internement à vie. Plus restrictif, il juge que l'internement à vie ne peut concerner que les individus qui "mettent la société en péril sans limite de temps".

ats/jvia

Publié le 05 décembre 2013 à 10:52 - Modifié le 06 décembre 2013 à 09:07

Rappel des faits

Le meurtrier, Daniel H., âgé de 29 ans au moment des faits, avait abordé Lucie, 16 ans, en gare de Zurich le 4 mars 2009 alors qu'elle était jeune fille au pair chez une famille schwyzoise.

Il l'avait ensuite attirée dans son appartement près de Baden (AG) sous prétexte d'une séance de photos de mode et l'avait tuée brutalement, avant de se rendre quelques jours plus tard à la police. Récidiviste, il avait été remis en liberté six mois avant le drame.

Le Tribunal de district de Baden l'avait condamné en février 2012 à une privation de liberté à vie et avait ordonné en sus son internement. Sur recours du Ministère public, le Tribunal supérieur du canton d'Argovie avait prononcé l'internement à vie en octobre 2012.

Daniel H. a ensuite fait recours à cette décision, la portant devant le Tribunal fédéral.