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Débat fleuve sur le salaire minimum au Conseil national

L'initiative pour un salaire équitable a occupé la quasi totalité de la matinée au National. [Peter Klaunzer - Keystone]
Le salaire minimum, sujet phare de la session d'hiver du Conseil national / Le 12h30 / 2 min. / le 27 novembre 2013
Le Conseil national a commencé mercredi un débat marathon sur l'initiative de l'USS "pour des salaires équitables", qui demande l'instauration d'un salaire minimum. Les discussions se prolongeront jeudi.

Le Conseil national a entamé mercredi un débat fleuve sur l'initiative "pour des salaires équitables", qui propose d'instaurer un salaire minimum de 4000 francs par mois.

En plus des représentants des commissions et des groupes, pas moins de 72 députés se sont inscrits à titre personnel pour défendre leurs arguments. Les discussions se prolongeront jusqu'à jeudi matin, même si l'issue du vote ne fait aucun doute.

Opposition de la la droite

Après le Conseil des Etats, le National devrait rejeter l'initiative populaire de l'Union syndicale suisse (USS). La droite fait bloc contre le texte.

L'initiative veut encourager les conventions collectives de travail (CCT). Mais pour les secteurs où cela n'est pas possible, un salaire minimum de 22 francs de l'heure devrait être introduit, soit une rémunération mensuelle de 4000 francs pour 42 heures hebdomadaires.

Trois jours après l'échec de l'initiative 1:12 sur les salaires abusifs en votation populaire, la gauche espère rallier une majorité du peuple. Neuchâtel et le Jura ont déjà franchi le pas. Et un sondage commandé par l'USS donne 74% d'opinions favorables.

ats/cab

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Les arguments de la gauche

Plus de 300'000 personnes travaillent à plein temps sans recevoir 4000 francs par mois.

Depuis des années, des employeurs refusent de combler les lacunes et deux tiers des employés, ne connaissent pas de CCT et sont exposés à l'arbitraire.

Les bas salaires sont l'apanage de branches comme l'hôtellerie, le jardinage, la coiffure et l'agriculture et non pas des secteurs d'exportation, a affirmé Ada Marra (PS/VD).

Les critiques du camp bourgeois

Les partis bourgeois jugent exagérées les prétentions syndicales.

Le "smic" helvétique, - le plus élevé du monde, selon Andrea Caroni (PLR/AR) - serait nettement supérieur à celui des pays voisins. La France pratique un plancher de 9,43 euros par heure (11,80 francs) et l'Allemagne s'achemine vers 8,5 euros.

La négociation des salaires entre employeurs et employés permet de tenir compte de particularités régionales et par branches, fait valoir la droite.