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Le Conseil fédéral se prononce contre l'initiative UDC sur l'immigration

Trois conseillers fédéraux se sont présentés lundi matin devant la presse et ont pris position contre l'initiative de l'UDC [Peter Klaunzer - Keystone]
Trois conseillers fédéraux se sont présentés lundi matin devant la presse et ont pris position contre l'initiative de l'UDC [Peter Klaunzer - Keystone]
Le Conseil fédéral et les cantons sont entrés lundi dans l'arène pour combattre le texte de l'UDC "contre l'immigration massive", arguant que ce dernier met en péril la prospérité de la Suisse.

L'initiative de l'UDC "contre l'immigration massive" met en péril la prospérité de la Suisse. Forts de cet avis, le Conseil fédéral et les cantons sont entrés lundi en campagne officielle en faveur du "non" le 9 février prochain.

L'initiative, qui veut réintroduire des plafonds annuels pour tous les étrangers, frontaliers et requérants d'asile y compris, compliquerait le recrutement de la main-d'oeuvre étrangère nécessaire à l'économie helvétique. Son acceptation remettrait en cause les accords bilatéraux et compromettrait les relations avec l'Union européenne, selon le Conseil fédéral.

Ministres engagés

La ministre de la migration Simonetta Sommaruga, le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann et le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter, mais aussi le président de la Conférence des gouvernements cantonaux Pascal Broulis, ont pris position devant la presse au lendemain des votations fédérales.

ats/jvia

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"L'économie compte sur les migrants"

L'économie compte sur ces personnes, puisqu'elle ne parvient pas à couvrir ses besoins en main-d'oeuvre dans le pays, a déclaré Johann Schneider-Ammann. A ses yeux, les migrants ont renforcé la Suisse, qui va bien mieux que dans les années 90 ou au début du millénaire.

L'économie, les cantons et les communes sont appelés à assumer leurs responsabilités, jugent les conseillers fédéraux. Pour le reste, les mesures d'accompagnement, constamment renforcées, ont fait leurs preuves; il n'y a pas eu de dumping salarial général, a assuré le ministre de l'économie.

Quant à la forte pression que subissent les régions frontalières - Genève et Tessin en tête -, elle requiert des solutions régionales différenciées, d'après lui.

Campagne déjà lancée

L'UDC a lancé officiellement la campagne de son initiative "contre l'immigration de masse" samedi lors d'une assemblée extraordinaire à Reiden (LU), en présence d'Ueli Maurer.

Vendredi, la gauche helvétique avait d'ores et déjà lancé son offensive contre le texte, un jour après celle d'Economiesuisse. Tous jugent l'initiative dangereuse pour les accords bilatéraux et pour les relations avec l'Union européenne.

Les ministres ne veulent pas des contingents

Pour le Conseil fédéral, l'alternative des contingents proposée par l'initiative de l'UDC n'est pas une solution. Selon Didier Burkhalter, elle entraînerait un monstre bureaucratique ainsi qu'une poussée d'immigration clandestine, de travail au noir, de précarisation et, partant, de criminalité.

Dans les années 60 par exemple, le système des contingents a attiré en Suisse bien plus de migrants que la libre circulation des personnes, a ajouté Simonetta Sommaruga.