Modifié le 08 avril 2013 à 19:00

Le comité contre les mesures urgentes dans le droit d'asile en campagne

Certains dénoncent des nouvelles règles inhumaines envers les requérants d'asile.
La révision de la loi sur l’asile sera votée le 9 juin prochain. [ - Sandro Campardo / Keystone]
Le comité contre les mesures urgentes dans le droit d'asile soumis à votation le 9 juin est monté aux barricades lundi, dénonçant une loi inutile et inhumaine.

Les mesures urgentes dans le droit d'asile sont inutiles et inhumaines, dénoncent les milieux qui ont lancé le référendum. Pour eux, la révision de loi en votation le 9 juin relève de l'hystérie permanente et de la méfiance systématique envers les réfugiés.

Une méconnaissance de la situation dénoncée

Les promoteurs de ce durcissement du droit d'asile essayent de semer la panique en méconnaissance de cause. Des femmes et des hommes devant être protégés en feront les frais, souligne le comité en faveur du "non". Créer de nouvelles lois pour une infime minorité de la population - à peine 0,5% - est absurde, avance le comité.

Le fait que le PS n'était pas représenté lundi devant les médias à Berne est un "hasard", selon Moreno Casasola, secrétaire général de Solidarité sans frontières. Le parti s'était opposé d'abord au lancement du référendum avant de rejoindre le comité en faveur du "non". Un mot d'ordre également soutenu par les milieux proches des Eglises et surtout les femmes PDC, se sont félicités les orateurs.

Le reproche selon lequel il était tactiquement faux d'organiser une votation populaire sur ce volet alors que d'autres révisions du droit d'asile vont suivre est rejeté par le comité. "La pire des tactiques est de ne pas s'opposer", a souligné le vice-président des Verts Josef Lang.

ats/hof

Publié le 08 avril 2013 à 14:26 - Modifié le 08 avril 2013 à 19:00

Les critiques

Les mesures urgentes en vigueur depuis septembre ont été critiqués avec véhémence.

Notamment parce que les personnes persécutées ne peuvent désormais plus déposer une demande d'asile dans les ambassades suisses à l'étranger.

Les personnes touchées

La mesure frappe en premier lieu les Erythréens et les Somaliens, qui ont déposé 43,5% des demandes en ambassade ces dernières années, car la Suisse n'a pas de représentation dans leur pays.

La suppression de la désertion comme motif d'asile est également dénoncée.

Accélérer les procédures: oui, mais...

La possibilité de tester des nouvelles procédures, même si elles ne sont pas conformes au droit en vigueur, est aussi dans le collimateur des opposants.

Accélérer les procédures n'est en soi pas une mauvaise idée. Mais le constat et mal posé et il y un réel risque que les procédures soient bâclées, a avancé le co-président de Stopexclusion Aldo Brina.

Centres pour requérants récalcitrants décriés

Le comité s'en prend en outre aux centres censés recueillir les requérants récalcitrants, et surtout au flou qui entoure encore cette mesure.

On ne sait pas encore quelles règles ni quelles conditions d'accueil prévaudront dans ces "camps", a fait valoir Melanie Aebli des Juristes démocrates de Suisse.

La définition très vague des récalcitrants ouvre aussi la voie à l'arbitraire. Un simple soupçon d'activité criminelle ou le fait de quitter un centre d'accueil hors des heures de sortie suffirait, a-t-elle affirmé, déplorant qu'on stigmatise de la sorte ces personnes.