Modifié le 14 mars 2013 à 17:29

La presse suisse se dit étonnée par l'élection du pape François

Le pape François (en blanc) s'est rendu à la basilique Sainte Marie de Rome pour prier jeudi, au lendemain de son élection.
Le pape François (en blanc) s'est rendu à la basilique Sainte Marie de Rome pour prier jeudi, au lendemain de son élection. [Ciro Fusco - ]
"Grande surprise", "espoir", "incroyable rupture", les journaux helvétiques ne cachent pas leur étonnement jeudi après l'élection de l'Argentin et jésuite Jorge Mario Bergoglio comme nouveau pape.

La surprise est totale jusque dans la presse jeudi après l'élection de l'Argentin Jorge Mario Bergoglio comme nouveau pape (lire: L'Argentin Jorge Mario Bergoglio devient le pape François ). Si les uns se prennent à rêver de changements au sein de l'Eglise, d'autres rappellent que le pape François suit la même ligne doctrinale que son prédécesseur.

"C'est la grande surprise du jour" titrent "24heures" et la "Tribune de Genève". Les deux quotidiens, dans leur éditorial, soulignent l'"incroyable rupture pour l'Eglise catholique" d'avoir élu "un homme différent", capable de donner un nouveau souffle à l'Eglise (lire aussi Jorge Bergoglio, un jésuite humble et modéré à visage humain).

Espoir ou déception

Le "Journal du Jura" estime que ce pape incarne "l'espoir venu du bout du monde", malgré un âge "peu compatible avec la lourdeur de la tâche". Il s'agit néanmoins d'une élection "historique" se réjouit le "Quotidien Jurassien". "Le premier pape du bout du monde" sera-t-il un pape du renouveau, s'interroge pourtant le quotidien valaisan "Le Nouvelliste".

"Le Temps" en doute pour sa part fortement. Moins enthousiaste que les autres, le quotidien romand écrit que "le changement évoqué, souhaité, attendu, reste en suspens, inachevé." Au vu de l'âge (76 ans) du nouveau pape, "la transition paraît donc se poursuivre". D'autant plus, que, comme le rappelle "La Liberté", "François 1er n'est évidemment pas ce qu'on appelle un progressiste".

"Proche des fidèles"

Mais c'est un homme "de la pastorale, très proche à la fois des fidèles et de ses prêtres", note le quotidien fribourgeois. "Le Nouvelliste" observe lui que le nouvel évêque de Rome est quelqu'un de "humble, un homme de coeur, de sincérité et d'engagement".

Il s'agit d'"un passeur et d'un homme de consensus susceptible d'allier le courant conservateur et le courant réformiste de l'Eglise", souligne pour sa part le "Quotidien Jurassien". "L'Express" et "L'Impartial" comparent le pape au roi de France François 1er, assurant qu'il a comme lui "une forte personnalité".

"Le Temps" remarque quant à lui que "ce n'était pas le plus charismatique des papables". Et de s'interroger, avec d'autres journaux, sur le rôle de l'ancien archevêque de Buenos Aires pendant la dictature militaire. Un "sujet à polémique", selon les quotidiens neuchâtelois.

Des attentes élevées outre-Sarine

Les quotidiens alémaniques se sont également montrés positivement surpris par l'élection du pape argentin. "Les attentes envers le nouveau pape sont élevées", reconnaît la "Neue Züricher Zeitung". Quoi de plus normal, puisque "presque tout, dans l'élection de Jorge Mario Bergoglio, est historique", note la "Neue Luzerner Zeitung".

L'"Aargauer Zeitung" s'enthousiasme elle sur "la modestie et la proximité des gens". Et le quotidien argovien de souligner la manière "simple et sincère" que le "sympathique" pape a de s'adresser à la foule qui l'acclamait.

A voir également, notre infographie:

ats/boi

Publié le 14 mars 2013 à 07:22 - Modifié le 14 mars 2013 à 17:29

La presse française dans l'attente

La presse française exprime également sa surprise.

"Que va faire cet homme mal connu du grand public?", se demande Le Figaro (conservateur), qui se retrouve "dépositaire d'un héritage immémorial : une foi vieille de deux mille ans".

"Des chantiers internes existent. La réforme du gouvernement de l'Église en est un", ajoute l'éditorialiste du quotidien libéral.

"Ce vieil homme saura-t-il emmener son Eglise et ses fidèles vers une plus grande ouverture aux femmes, aux sexualités différentes ou, comme ses prédécesseurs, restera-t-il un rigide gardien du dogme ?" s'interroge François Sergent dans Libération (gauche).

Car "la succession est lourde" écrit Dominique Quinio dans La Croix (catholique) , "d'autant plus que le pape émérite, à qui le pape François a fait immédiatement référence sera présent dans l'enceinte du Vatican".

"Après le pontificat de Benoît XVI marqué par de multiples scandales, les cardinaux ont-ils voulu changer de registre, montrer un nouveau visage de l'Eglise, moins dogmatique, plus humaine, plus charismatique? Certainement. Est-ce véritablement un tournant? Les vaticanistes l'assurent. Mais il est évidemment encore trop tôt pour le dire", s'interroge le quotidien populaire Le Parisien.