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La presse suisse ne croit plus en Rubik après le non allemand

Le non allemand à l'accord fiscal a sonné le glas de Rubik, selon la presse suisse. [EPA/Maurizio Gambarini - Keystone]
Le non allemand à l'accord fiscal a sonné le glas de Rubik, selon la presse suisse. [EPA/Maurizio Gambarini - Keystone]
Au lendemain du non du Bundesrat allemand à l'accord fiscal avec la Suisse, la presse romande et alémanique ne donnait samedi plus beaucoup de chances au modèle Rubik. Seules la Tribune de Genève et la NZZ semblent y croire encore.

Le refus par l'Allemagne de l'accord avec la Suisse (à ce sujet, lire: Le Bundesrat allemand refuse l'accord fiscal avec la Suisse) met dans l'immédiat davantage les banques que le Conseil fédéral dans une situation délicate, estime samedi Le Temps, au lendemain de la décision du Bundesrat allemand.

"Le moment est donc venu de sortir le plan B. Officiellement, il n'y en a pas. Cette posture avait tout son sens pendant la négociation de l'impôt libératoire. Aujourd'hui, elle ne tient plus", note le journal.

"Une autre combinaison est possible"

"Il ne faut pas enterrer Rubik", écrit au contraire la Tribune de Genève. Cet "ingénieux" système a reçu "un sacré coup de gourdin", mais l'accord ne se réduit pas à l'Allemagne, rappelle le journal.

Dès le 1er janvier prochain, Rubik entrera en application en Autriche et en Grande-Bretagne. "Comme dans le jeu magique, une autre combinaison est possible! Rubik? Jamais ce nom n'aura été mieux porté", affirme l'article.

Pour Le Quotidien jurassien, l'échec s'inscrit dans la perspective des élections législatives allemandes d'octobre 2013. "L'opposition rouge-verte a tiré le maximum d'une instrumentalisation politique de cette polémique".

"Berne et Berlin veulent encore croire à un miracle", réalisé par la commission de conciliation, "mais dans l'actuel climat politique allemand d'avant campagne électorale, un tel miracle paraît très aléatoire", note le journal jurassien.

Craintes d'une pression européenne

La Neue Zürcher Zeitung n'enterre quant à elle pas un "système sophistiqué des impôts à la source". La Suisse a rempli sa tâche et "a développé un modèle fiscal qui est adapté", écrit la NZZ. Il vaut la peine pour cette raison "de se battre pour une telle solution", écrit-elle.

Aussi bien la Grande-Bretagne que l'Autriche ont considéré que cette attitude permettait d'atteindre les objectifs dans le différend fiscal. Mais il est aussi clair que "la construction judicieuse des impôts à la source" reste pour le moment "bâtie sur du sable". Les accords avec Londres et Vienne ne constituent pas "des fondements solides".

La Basler Zeitung redoute, elle, que ces deux pays renoncent à l'accord avec la Suisse après le non allemand. Et des "efforts coordonnés" seraient lancés en Europe "pour atteindre l'échange automatique d'informations", poursuit-elle.

Un avis partagé par la Südostschweiz, alors le St. Galler Tagblatt souligne malgré tout que l'Allemagne est au premier abord le "perdant" du vote de vendredi. Des milliards auraient pu revenir à ce pays avec la taxation des fraudeurs, selon lui.

Ecouter les banquiers "raisonnables"

Pour le Tages-Anzeiger aussi, "le concept d'impôt à la source a échoué". Cette construction suisse n'a pas séduit au niveau international. "Au contraire, la Suisse va bientôt signer un accord avec les Etats-Unis qui prévoit une sorte d'échange de données unilatéral", ajoute le quotidien.

Enfin, le Blick estime qu'il faut rapidement reprendre les négociations et cela directement avec l'UE plutôt qu'avec les Etats individuels. De plus, il s'agirait d'écouter des banquiers "raisonnables", ceux qui se préparent à un échange automatique d'informations.

ats/dk

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