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La droite s'unit pour faire appliquer le durcissement du droit d'asile

De gauche à droite: Hans-Jürg Käser (conseiller d'Etat bernois PLR), Martin Landolt (président du PBD), Philipp Müller (président du PLR), Christophe Darbellay (président du PDC) et Ivan Perrin (conseiller national UDC) [Peter Schneider - Keystone]
De gauche à droite: Hans-Jürg Käser (conseiller d'Etat bernois PLR), Martin Landolt (président du PBD), Philipp Müller (président du PLR), Christophe Darbellay (président du PDC) et Ivan Perrin (conseiller national UDC) [Peter Schneider - Keystone]
L'UDC, le PDC, le PLR, le PBD et les Vert'libéraux ont réclamé mardi de concert, lors d'une conférence de presse, l'application rapide de la législation en matière de droit d'asile.

Alors que la gauche récolte des signatures pour une bataille référendaire, les partis de droite font pression pour accélérer l'application du durcissement du droit d'asile. Les problèmes d'hébergement sont loin d'être résolus et les places de détention manquent, à leurs yeux.

Les représentants du PLR, du PDC, du PBD, du PVL et de l'UDC ont tapé du poing sur la table, mardi lors d'une conférence de presse à Berne. Le Parlement a fait son boulot en légiférant; la Confédération et les cantons doivent maintenant faire en sorte de mettre en oeuvre les mesures décidées, a averti le président du parti libéral-radical Philipp Müller (AG).

Le Département de la défense critiqué

Les cantons sont confrontés à des problèmes d'exécution, a assuré le président de la conférence des directeurs cantonaux de justice et police Hans-Jürg Käser. "L'armée était censée proposer 2000 places d'hébergement pour des requérants en 2012. En réalité, elle en a offert 500 jusqu'ici", selon le conseiller d'Etat bernois.

Et de critiquer les lieux proposées, souvent des bâtiments mal entretenus, en montagne et loin des centres. On peut se poser la question de l'efficacité du Département de la défense, a renchéri le président du PDC Christophe Darbellay.

Un centre pour tester les nouvelles procédures

Il est essentiel d'agrandir les cinq centres d'enregistrement des demandeurs d'asile actuels, a jugé Hans-Jürg Käser. Un nouveau centre pour tester de nouvelles procédures d'asile devrait voir le jour. Il est clair qu'on ne pourra pas le placer au milieu des Alpes mais qu'il devra se trouver sur le Plateau, d'après le Bernois.

En revanche, le futur centre qui devra regrouper les demandeurs d'asile récalcitrants pourra être situé à plus de 1500 mètres. Pour l'instant, son emplacement n'a pas encore été décidé, a assuré le directeur de la police bernoise.

ats/vtom

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Manque de places de détention

La situation est dramatique aussi sur le front des places de détention, selon les partis bourgeois.

Par exemple, Genève en a 21 pour 362 décisions de détention prononcées cette année.

Neuchâtel propose deux places pour 49 mandats d'arrêt et Berne 36 pour 902.

Le référendum ne fait pas peur à la droite

Les représentants des partis bourgeois assurent ne pas craindre pas le référendum lancé par les milieux rose-verts contre les mesures urgentes entrées en vigueur à fin septembre.

"Notre but n'est pas d'anticiper la campagne référendaire", a lancé Philipp Müller.

En cas de votation, "je suis sûr que nous allons gagner", a ajouté Christophe Darbellay.

Mieux encore, aux yeux du conseiller national Yvan Perrin (UDC/NE): le résultat du scrutin sera "tellement clair qu'il pourra légitimer des durcissements ultérieurs du droit d'asile".

Des mesures urgentes depuis fin septembre

Les mesures urgentes sont en vigueur depuis fin septembre.

Elles prévoient par exemple la création de centres pour les demandeurs récalcitrants, la non-reconnaissance de la désertion comme motif d'asile ou autorisent le gouvernement à tester de nouvelles procédures même en dehors du cadre légal.

Quelle que soit l'issue du référendum, les disposition seront appliquées pendant au moins un an.