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Les syndicats dénoncent le "dumping salarial" dans les transports

Les syndicats exigent une revalorisation des salaires dans le secteur des transports et de la logistique en Suisse. [Gaetan Bally - Keystone]
Les syndicats exigent une revalorisation des salaires dans le secteur des transports et de la logistique en Suisse. [Gaetan Bally - Keystone]
Les salaires pratiqués dans le secteur des transports en Suisse souffrent de la guerre des prix que se livrent ses acteurs, ont dénoncé plusieurs syndicats vendredi. Les salariés les plus mal lotis gagnent moins de 22 francs de l'heure.

Les syndicats exigent une revalorisation des salaires dans le secteur des transports et de la logistique en Suisse. Pour remédier à une situation marquée par une guerre des prix, ils réclament l'instauration de salaires minimaux obligatoires et la négociation d'une CCT de branche.

Ces revendications sont basées sur une étude réalisée par Roman Graf, collaborateur scientifique à l'Université de Genève, qui montre que près d'un chauffeur sur dix perçoit une rémunération extrêmement faible, accompagnée d'un temps de travail élevé. Les salariés les plus mal lotis gagnent moins de 22 francs de l'heure pour une durée du travail hebdomadaire comprise entre 46 et 48 heures.  Du coup, ils ne touchent guère plus de 4000 francs bruts par mois, voire moins dans certains cas.

Convention collective

La convention collective de travail (CCT) comprendrait la fixation d'un salaire minimum compris entre 4500 et 5600 francs par mois en fonction du métier exercé, à savoir chauffeur-livreur non qualifié pour le premier montant et conducteurs poids lourds qualifiés pour le second, ont indiqué vendredi à Berne des représentants des syndicats Unia, SEV et Syndicom.

Les conditions de travail et de salaire se dégradées, a souligné Vania Alleva, membre du comité directeur d'Unia, responsable du secteur tertiaire. Les rémunérations de la branche stagnent et même diminuent depuis des années, relève-t-elle. Si les salaires d'une grande partie des chauffeurs sont beaucoup trop bas, c'est encore pire pour le personnel logistique, fait remarquer Vania Alleva. La syndicaliste cite l'exemple de Gucci. Le groupe de luxe exploite un centre logistique au Tessin où le salaire horaire est parfois inférieur à 14,81 francs.

ats/cab

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Bons élèves pénalisés

Les entreprises de transport proposant de meilleures conditions de travail sont toujours plus pénalisées dans cette branche faiblement réglementée, avance pour sa part Fritz Gurtner.

Le responsable du secteur logistique de Syndicom prend comme exemple le cas de PostLogistics.

La filiale de La Poste, en difficultés économiques, est la seule entreprise de la branche à posséder une CCT.

Selon lui, l'unique façon d'endiguer la spirale à la baisse des salaires est de régler dûment les conditions d'engagement dans la branche des transports routiers privés.