Modifié le 04 juin 2012 à 09:18

L'UDC veut interner dans des camps les requérants d'asile qui enfreignent la loi

Pour Toni Brunner, il faut enfermer les requérants d'asile qui ont commis des délits dans des camps entourés d'un grillage.
Toni Brunner estime qu'il faut enfermer les requérants d'asile qui ont commis des délits dans des camps entourés d'un grillage. [Steffen Schmidt - ]
A deux semaines du débat sur l'asile au Conseil national, le président de l'UDC soutient que les requérants qui ont commis un délit doivent être envoyés dans un centre d'internement national.

L'UDC veut interner les requérants d'asile ayant commis des délits dans un centre national. Deux semaines avant le débat sur l'asile au Conseil national, le président du parti Toni Brunner confirme que l'UDC souhaite appliquer cette solution, dans une interview à la "Zentralschweiz am Sonntag".


Ce camp d'internement doit accueillir les requérants d'asile qui ont enfreint la loi: "du trafic de drogue aux agressions en passant par les cambriolages". Toni Brunner estime que quelques centaines de personnes seraient concernées et que deux centres pourraient être nécessaire. La proposition UDC devrait être débattue le 13 juin au Conseil national.


Camp avec grillage

La commission des institutions politiques est également d'avis qu'il faut héberger les requérants d'asile ayant commis des délits et ceux jugés comme "récalcitrants" dans des centres spéciaux. La commission ne veut toutefois pas enfermer les requérants mais leur assigner un périmètre afin de limiter leur liberté de mouvement.


Pour Toni Brunner, cette proposition ne va pas assez loin. Les "camps d'internement light" ne suffisent pas à l'UDC, assure-t-il. Il est nécessaire que le camp soit entouré d'un grillage, poursuit le président de l'UDC. "Ce qui compte, c'est que ceux qui ont ruiné leur chance d'obtenir l'asile en Suisse ne puissent plus aller et venir comme bon leur semble".


Une proposition qui "n'apporte rien"

La présidente de la Commission fédérale contre le racisme Martine Brunschwig-Graf est opposée à un centre d'internement. "Cela n'apporte rien", souligne l'ancienne conseillère nationale genevoise (PLR) dans une interview parue dans la "NZZ am Sonntag". Il est bien plus important d'accélérer les procédures et de renvoyer rapidement les requérants déboutés dans leur pays.


Martine Brunschwig-Graf rejette également la proposition de ne fournir que l'aide d'urgence aux requérants en lieu et place de l'aide sociale. "Ce serait contre-productif: l'aide sociale permet également de mettre en place des programmes d'occupation afin que les requérants ne soient pas désoeuvrés".


ats/vtom


Publié le 03 juin 2012 à 14:54 - Modifié le 04 juin 2012 à 09:18

Dispositifs semblables à l'étranger

Toni Brunner ne partage pas les doutes émis par les partisans des droits de l'homme sur la proposition de son parti d'introduire des centres nationaux pour interner les requérants d'asile ayant enfreint la loi.

"On nous mène en bateau et l'on ne se rend pas compte que de tels camps d'internement sont déjà une réalité à l'étranger".

La Grèce dispose par exemple d'un dispositif similaire et les Pays-Bas connaissent une procédure d'asile qui se déroule dans des centres fermés.

La ministre en charge de l'asile Simonetta Sommaruga prend aussi les Pays-Bas en exemple pour améliorer la procédure d'asile en Suisse, comme elle l'avait indiqué en septembre 2011.

Elle estime notamment nécessaire d'ouvrir de nouveaux centres dans lesquels les procédures sont traités sur place et dans les temps.

Ces centres ne sont cependant pas des camps d'internement, avait souligné la conseillère fédérale.