Modifié le 12 avril 2012 à 14:58

Une initiative propose de verser 2500 francs mensuels à chaque citoyen

Aujourd'hui, les femmes gagnent encore 18,4% de moins que leurs collègues masculins.
Les milliards nécessaires pourraient être puisés dans les prestations sociales. [Bernd Ege - ]
Chacun devrait recevoir en Suisse quelque 2500 francs par mois, qu'il travaille ou non, selon une initiative populaire lancée jeudi qui défend l'idée d'un revenu de base inconditionnel.

Un comité lance l'idée d'un revenu de base assuré à tout le monde. Chacun devrait recevoir en Suisse un salaire de base mensuel, qu'il travaille ou non. L'idée d'un revenu de base inconditionnel est défendue via une initiative populaire. Les partisans de ce nouveau concept social ont présenté jeudi leurs arguments.


Chaque personne, active ou non, vivant légalement en Suisse devrait toucher une certaine somme, qu'elle soit riche ou pauvre, en santé ou malade, qu'elle vive seule ou en communauté.


Montant pas encore déterminé

Le montant exact, qui devrait permettre de mener une existence digne et de participer à la vie publique, serait fixé par le Parlement dans une loi. Le comité d'initiative, qui compte huit personnes dont l'ancien vice-chancelier de la Confédération Oswald Sigg, évoque un revenu de 2500 francs par mois.


La personne qui dispose actuellement d'un revenu moindre y gagnera. Pour les autres rien ne changera, sinon sur la forme. Au lieu d'un salaire de 6000 francs, on recevrait ainsi un revenu de base de 2500 francs plus un salaire de 3500 francs.


Environ 625 francs pour les enfants

Les initiants, qui affichent leur indépendance aussi bien face aux partis qu'à l'économie, n'en ont pas moins élaboré des modèles plus ou moins concrets. Un revenu de 2500 francs par mois est ainsi mentionné pour les adultes et de 625 francs pour les moins de 18 ans.


Cette nouvelle forme de solidarité doit permettre de réduire l'angoisse de la population de joindre les deux bouts ainsi que la pression malsaine du rendement et de la productivité. Sans pour autant décourager les gens à mener une activité rémunérée ou couper dans les prestations sociales, estiment les initiants.


ats/pbug


Publié le 12 avril 2012 à 11:19 - Modifié le 12 avril 2012 à 14:58

Le financement est possible

Ce changement de système est tout à fait finançable, selon le comité. Les coûts sont estimés à quelque 200 milliards. Sur cette somme, 70 milliards seraient puisées dans les quelques 140 milliards de prestations actuellement versées. Avec à la clé des économies réalisées grâce à la simplification du système (moins de contrôle et de bureaucratie).

Cela ne signifie pas pour autant la disparition totale de l'aide sociale, de l'assurance chômage ou de l'assurance invalidité. Seule la part actuellement supérieure à 2500 francs par mois continuerait d'être distribuée via les assurances sociales existantes.

Quelque 128 milliards pourraient quant à eux être trouvés dans les économies réalisées sur les coûts salariaux. Cette contribution serait reversée via l'impôt. Les initiants évoquent en premier la TVA, qui pourrait aussi être revue de manière plus écologique. Une taxe sur les transactions financières ou un impôt sur les successions sont aussi évoqués. Le mécanisme reste encore à trouver.