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Le National veut ancrer dans la Constitution les symboles chrétiens

La religion dans l'enseignement public. [Tony Gentile - Reuters]
La religion dans l'enseignement public. [Tony Gentile - Reuters]
Le National veut ancrer dans la Constitution la présence dans l'espace public des symboles de l'Occident chrétien et donne suite à une initiative parlementaire en ce sens.

La présence dans l'espace public des symboles de l'Occident chrétien tel que le crucifix devrait être garantie dans la Constitution. Par 87 voix contre 75, et 8 abstentions, le Conseil national a donné suite lundi à une initiative parlementaire d'Ida Glanzmann.


Après des polémiques

La démocrate-chrétienne lucernoise a précisé que son texte répondait aux polémiques qui ont suivi les exigences d'un libre penseur lucernois. Celui-ci voulait que tous les crucifix disparaissent de l'école fréquentée par son fils. Une polémique similaire a défrayé la chronique il y a un an en Valais.


Il s'agit d'empêcher que des particuliers ou des groupes d'intérêt prennent prétexte de droits fondamentaux tels que la liberté de conscience et de croyance pour remettre en cause la culture fondamentalement chrétienne en Suisse, selon Ida Glanzmann.


L'inscription dans la Constitution permettrait en outre d'éviter de laisser le soin aux juges de trancher la question, a renchéri Elisabeth Schneider-Schneiter (PDC/BL). le Tribunal fédéral a en effet décidé qu'il est contraire à la liberté religieuse de suspendre un crucifix dans une salle de classe.


Mise en péril de la paix religieuse dénoncée

Une forte minorité a au contraire fait valoir que le fait d'accorder une place privilégiée au christianisme pourrait mettre en péril la paix religieuse, alors qu'aucune menace sérieuse ne pèse sur les symboles chrétiens.


Selon elle, la neutralité religieuse de l'Etat suffit comme condition à une coexistence pacifique des croyances. La réglementation des rapports entre l'Eglise et l'Etat est de plus du ressort des cantons, selon la minorité. Cette dernière est encore loin de déposer les armes.


Pour que l'initiative parlementaire puisse atteindre sa deuxième phase, elle doit être approuvée par le Conseil des Etats. Or la commission compétente de ce dernier propose de la rejeter par 8 voix contre 3.


ats/hof


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