Modifié le 28 novembre 2011 à 17:21

Genève tient à payer davantage ses nettoyeurs

Les hommes et femmes de ménage qui nettoient les locaux de l’administration municipale touchent 18,20 francs de l’heure.
Les hommes et femmes de ménage qui nettoient les locaux de l’administration municipale touchent 18,20 francs de l’heure. [AP Photo/Michael Sohn - ]
La Ville de Genève ne renonce pas à mieux rémunérer les nettoyeurs des locaux de l'administration. Déboutée par la Chambre administrative, elle va lancer début 2012 un nouvel appel d'offres tenant compte de ses responsabilités sociales et environnementales.

En août, la Ville de Genève publiait un appel d'offres relatif au nettoyage de quatorze lots de bureaux pour des contrats s'élevant à 2,314 millions de francs, a rappelé lundi devant les médias la conseillère administrative Sandrine Salerno, responsable des Finances.


25 francs de l'heure

L'appel était assorti de deux conditions: la formation des 250 nettoyeurs concernés et un salaire de 25 francs l'heure. La différence entre les 18,20 francs - le minimum de la convention collective de travail (CCT) du secteur en vigueur à Genève - et le nouveau tarif devait être prise en charge par la Ville, une première en Suisse.


Le surcoût était estimé à 1 million de francs, répartis entre les différents départements. L'exécutif municipal entendait ainsi verser un salaire permettant de vivre décemment.


Quatre entreprises de nettoyage ayant fait recours, la Chambre administrative de la Cour de justice a estimé, dans un arrêt daté du 18 octobre, que la Ville violait la liberté économique garantie par la Constitution en fixant un salaire horaire dans le cadre de l'attribution de ses marchés publics.


Nouvel appel d'offres

"Or l'arrêt ne dit pas si la différence de salaire est légale ou pas", a déploré Sandrine Salerno. Renonçant à recourir auprès du Tribunal fédéral, la Ville de Genève va travailler sur un nouvel appel d'offres qui tienne compte à la fois de cette décision de justice et de sa volonté de verser un salaire adéquat.


"Le conseil administratif veut trouver le moyen d'introduire d'autres critères que seulement économiques dans les appels d'offres", a indiqué la magistrate. Et de préciser que les marchés publics doivent être un outil permettant de remplir les trois critères du développement durable économique, social et environnemental.


D'autres collectivités publiques romandes sont d'ores et déjà intéressées par la démarche de la Ville, selon Sandrine Salerno.


ats/lan


Publié le 28 novembre 2011 à 16:02 - Modifié le 28 novembre 2011 à 17:21