Modifié le 11 novembre 2011

Les Kosovars de Suisse remercient M. Calmy-Rey

Les Kosovars de Suisse ont salué la position "courageuse" de Micheline Calmy-Rey dans le processus d'indépendance de leur pays.
Les Kosovars de Suisse ont salué la position "courageuse" de Micheline Calmy-Rey dans le processus d'indépendance de leur pays. [ - ]
La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a reçu vendredi le Prix Diaspora décerné par la communauté kosovare de Suisse. La récompense lui a été remise à l'issue d'un entretien avec le ministre des affaires étrangères du Kosovo Enver Hoxhaj à Berne.

La distinction, accordée déjà fin 2010 à Micheline Calmy-Rey pour son engagement en faveur de l'indépendance du Kosovo, a été reçue comme "un honneur" par la cheffe du département fédéral des affaires étrangères (DFAE).


C'est la première fois que la communauté des Kosovars de Suisse accorde ce prix qui sera décerné annuellement. Par cette récompense, constituée d'une sculpture dorée, les Kosovars de Suisse ont salué la position "courageuse" de Micheline Calmy-Rey dans le processus d'indépendance de leur pays, ont-ils indiqué.


La Suisse s'était empressée de reconnaître le Kosovo, dix jours après sa déclaration unilatérale d'indépendance en février 2008.


Tensions apaisées

La remise du Prix Diaspora, officiellement accordé à Micheline Calmy-Rey en novembre 2010, n'avait pu être effectué il y a un an à cause d'un climat rendu difficile en raison du rapport publié fin 2010 par le rapporteur du Conseil de l'Europe, le Tessinois Dick Marty.


Ce rapport accusait alors notamment le premier ministre kosovar Hashim Thaçi d'être impliqué dans un trafic présumé d'organes. Ce dernier a renoncé récemment à déposer plainte contre Dick Marty.


Interrogée aussi sur l'idée lancée récemment par l'agence de presse kosovare basée à Genève "Presheva Jonë" de baptiser une place de Pristina du nom de Mme Calmy-Rey, la présidente de la Confédération a estimé qu'elle n'était pas la seule à avoir oeuvré pour la stabilité dans la région. Une décision devrait être prise en 2012 par les autorités kosovares sur le choix définitif d'une place.


"Suisses un peu fous"

Les relations entre Berne et Pristina sont au beau fixe, ont résumé les deux ministres devant la presse à l'issue de leur entretien. Enver Hoxhaj a souligné que pour la diaspora kosovare en Suisse, entre 150'000 et 170'000 personnes, la Suisse est "une seconde patrie".


Micheline Calmy-Rey s'est, elle, rappelée qu'à New York (à l'Onu), elle avait émis l'hypothèse d'une "indépendance formelle" du Kosovo trois ans avant que celle-ci soit effective. "Les personnes autour de moi avaient alors trouvé ces Suisses un peu fous", a-t-elle déclaré.


ats/mre


Publié le 11 novembre 2011 - Modifié le 11 novembre 2011

Accord bilatéral sur les transports routiers

Les deux ministres ont aussi conclu vendredi un accord bilatéral sur les transports routiers afin "d'améliorer les relations économiques entre les deux pays", ont-ils expliqué.

Cet accord s'inscrit dans une série de traités bilatéraux conclus pour donner un cadre juridique aux relations entre la Suisse et le Kosovo.

Il devrait ainsi être plus aisé dès 2012, date annoncée de l'entrée en vigueur de cet accord, pour les entreprises des deux pays de faire transiter des marchandises d'une localité en Suisse jusqu'au Kosovo et vice et versa. Ce transit est aujourd'hui encore entravé par des procédures administratives en fonction des pays traversés.

Ueli Leuenberger plus nuancé

Pour le président des Verts suisses et fondateur en 1996 de l'Université populaire albanaise à Genève, Ueli Leuenberger, présent lui aussi vendredi à Berne, si les rapports entre la Suisse et le Kosovo sont empreints d'amitié, des difficultés demeurent comme "des tracasseries pour les visas" et "la corruption" au Kosovo.

L'écologiste, qui se rend régulièrement dans les Balkans depuis les années 90, estime encore que la diaspora doit maintenant mieux se faire entendre en Suisse grâce à ses associations faîtières.