Modifié le 09 novembre 2011 à 18:39

Le procureur général Daniel Zappelli démissionne

Le procureur général du canton Daniel Zappelli déplore la détérioration de la sécurité à GE.
Daniel Zappelli a dû faire face aux départs il y a un mois de ses quatre adjoints. [martial trezzini/keystone]
Le procureur général de Genève Daniel Zappelli démissionne. Il quittera son poste le 31 mars 2012. Daniel Zappelli, 47 ans, a été élu au poste de procureur général en 2002. Il effectue actuellement son deuxième mandat à la tête du Ministère public genevois. Ce mandat aurait dû se terminer en 2014.

Le magistrat radical a fait part de sa décision de démissionner lundi matin, dans un courrier adressé au personnel du Ministère public. Selon le porte-parole du pouvoir judiciaire Vincent Derouand, Daniel Zappelli a indiqué dans son courrier vouloir éviter les blocages. Reste maintenant à lui trouver un successeur. En principe, son remplaçant ne devrait pas être désigné par une élection populaire. Daniel Zappelli est pris dans la tourmente depuis le départ en bloc il y a un mois de ses quatre adjoints.


Dans une impasse

"Le Temps" a publié des extraits du message de Daniel Zappelli à ses collaborateurs. "C'est à la seule et unique raison de lever certains obstacles et d'assurer le meilleur fonctionnement possible du Ministère public que j'ai décidé d'anticiper la fin de mon mandat", a écrit le magistrat dans un courrier électronique.


Du côté du parti libéral-radical, qui a toujours officiellement apporté son soutien à Daniel Zappelli, la surprise a été totale. "Nous n'étions pas au courant", a fait savoir le secrétaire général du PLR Rolin Wavre. Le parti a estimé que le procureur général a pris une décision courageuse, même s'il a dit regretter ce départ. Daniel Zappelli a visiblement eu de la peine à assurer la mue de la justice genevoise, rendue nécessaire avec l'entrée en vigueur du nouveau code de procédure pénale.


Daniel Zappelli a dû faire face au départ il y a un mois de ses quatre adjoints.
Daniel Zappelli a dû faire face au départ il y a un mois de ses quatre adjoints. [martial trezzini/keystone]


Il y a un mois, découragés, ses quatre adjoints avaient jeté l'éponge. Le procureur général avait alors encaissé le coup et affirmé ne pas vouloir quitter le navire. Daniel Zappelli avait aussi indiqué sa volonté de trouver rapidement quatre nouveaux adjoints parmi les procureurs en poste. Il en avait appelé à la responsabilité des magistrats, mais visiblement les candidatures n'ont pas été légion.


Le bâtonnier du barreau genevois, Vincent Spira, a aussi salué le courage de Daniel Zappelli. L'avocat a admis qu'en matière de politique criminelle, il y avait "peut-être" un manque de leadership, mais il a rappelé que les difficultés rencontrées par le Ministère public n'avaient pas pour origine un seul homme et que les problèmes de sous-effectif auxquels était confrontée la justice genevoises étaient bien plus graves. L'introduction du nouveau code de procédure pénale a aussi modifié "beaucoup de choses" à Genève, a poursuivi M.Spira.


 Selon lui, Daniel Zappelli est "allé au bout de ce qu'il pouvait faire". L'avocat a aussi relevé que le procureur général avait été lâché par son parti juste après les élections fédérales.


Dix ans au Ministère public

Daniel Zappelli avait été élu une première fois au poste de procureur général en 2002. Il avait succédé à Bernard Bertossa en récoltant seulement 138 voix de plus que son adversaire du jour, le représentant de l'Alliance de gauche Jean-Bernard Schmid. En 2008, il a été réélu aisément face au socialiste François Paychère.


Daniel Zappelli se sera notamment distingué en faisant une guerre sans merci aux squats genevois. C'est sous son mandat qu'en 2007 l'emblématique squat Rhino a été évacué. Il a aussi soutenu l'accusation dans le procès de la Banque cantonale de Genève (BCGE) et été placé sous les feux des projecteurs dans l'affaire Stern.


ats/dk


Publié le 07 novembre 2011 à 09:14 - Modifié le 09 novembre 2011 à 18:39