Publié le 15 mai 2011

La disparition des panneaux 50 km/h fait débat

Sion
Ce type de panneaux pourrait disparaître de toutes les localités. [Jean-Christophe Bott - ]
La proposition du Conseil fédéral de faire disparaître les milliers de panneaux limitant la vitesse à 50 km/h à l'entrée des localités se heurte à de fortes résistances, selon les résultats de la procédure de consultation. Les communes craignent des coûts élevés, tandis que les professionnels de la prévention s'inquiètent pour la sécurité.

Dans le projet de révision totale de l'ordonnance sur les règles de la circulation et de l'ordonnance sur la signalisation routière, la vitesse de circulation admise dans les localités devrait prendre effet à partir du panneau d'entrée de ladite localité et ne plus être indiquée séparément par le signal "vitesse maximale 50, limite générale". Ces panneaux seraient donc supprimés.


Coûts pour les communes

La procédure de consultation a pris fin dimanche. "Nous n'apprécions pas du tout de cette réglementation", a dit le président de l'Association des communes suisses, Ulrich König. Les communes craignent "beaucoup de travail supplémentaire et des conséquences financières massives".


De nombreuses communes sur les quelque 2600 que compte la Suisse devraient d'abord démonter à leurs frais les panneaux 50 km/h. Ensuite, dans de nombreux cas, elles devraient rapprocher du village les panneaux d'entrée de localité. Ceux-ci se trouvent en effet généralement plus loin de la commune que les panneaux de limitation de vitesse.


Ni l'Office fédéral des routes (OFROU), ni l'Association des communes suisses ne peuvent dire pour l'heure combien de panneaux seraient touchés par le changement. Les communes font également état de difficultés pour la mise en oeuvre de la disposition: dans les communes d'agglomération à croissance rapide ou dans les communes ayant fusionné, il ne serait pas toujours aisé d'indiquer correctement le début de la localité. Enfin, il y a des routes communales ou des grands axes sur lesquels une vitesse supérieure à 50 km/h est autorisée, indique Ulrich König.


Un projet dangereux?

Une modification de ce système risquerait de déstabiliser les automobilistes. Sur ce point, les experts en matière de prévention et l'Association transports et environnement (ATE) soutiennent les communes. Les conséquences de la disparition des panneaux 50 km/h pour la sécurité routière ne sont pas encore claires, selon Daniel Menna, porte-parole du Bureau de prévention des accidents (bpa).


"Une vitesse non adaptée est la principale cause d'accidents mortels", écrit RoadCross, la fondation suisse des victimes de la route. C'est précisément dans les localités que la suppression de la signalisation est incompréhensible, souligne le texte.


L'ATE exige des études et des essais pilotes. Le bpa veut un groupe de travail pour déterminer comment cette modification peut être appliquée en assurant la sécurité.


Comme les autres pays

De leur côté, la branche automobile et l'association Touring club Suisse (TCS) approuvent la revalorisation des panneaux de localité et la disparition de ceux qui limitent la vitesse à 50 km/h, écrit routesuisse, la Fédération routière suisse.


Le TCS salue le fait que la Suisse suive ainsi les mêmes règles que les pays voisins. Actuellement, la Suisse est une exception au sein des pays signataires de la Convention de Vienne sur la signalisation routière.


Les partisans de la nouvelle réglementation émettent par contre des réserves concernant le nouvel emplacement des panneaux de localité. Il ne faudrait pas que la disparition des 50 km/h soit utilisée pour élargir la zone de limitation de vitesse, soulignent-ils. "On peut dire que la montagne a accouché d'une souris", écrit l'organisation faîtière routesuisse. Le projet actuel ne permet pas de simplifier ni d'améliorer substantiellement le droit en matière de circulation routière, affirme-t-elle.


ats/cer


Publié le 15 mai 2011