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Gel des avoirs de Ben Ali en Suisse réclamé

Les grandes banques du pays offrent des centaines de milliers de coffres-forts. [dyoma / fotolia]
Les grandes banques du pays offrent des centaines de milliers de coffres-forts. [dyoma / fotolia]
L'Association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse a demandé au Conseil fédéral de bloquer "immédiatement" les biens détenus par l'ancien président tunisien Zine el Abidine Ben Ali en Suisse. Le Parti socialiste compte formuler la même demande à la Commission de politique extérieure des Etats.

Ces avoirs ne doivent pas "disparaître au détriment de son légitime propriétaire, la République Tunisienne", a plaidé l'association. La demande, formulée dans une lettre datée de samedi et dont l'ATS a reçu une copie dimanche, vise particulièrement les avoirs bancaires déposés en Suisse.

Injonction à toute les banques

L'association, représentée par un avocat, réclame aux autorités suisses "une injonction destinée à toutes les banques". Cette demande englobe les biens immobiliers et mobiliers que l'ancien président et les membres de sa famille possèdent en Suisse.

La fortune de l'ancien président provient "de délits commis dans l'exercice de ses fonctions, s'agissant de vols, abus de confiance, détournements de fonds publics et privés". Pour preuve, la "fortune colossale" de l'ancien président, "qui n'a rien à voir avec son traitement présidentiel", plaide l'Association des Tunisiennes et Tunisiens en Suisse.

Le DFAE laisse la porte ouverte

Interrogé par l'ATS quant aux mesures prises par la Suisse sur les fonds éventuels, le Département fédéral des Affaires étrangères a répondu dimanche que "la Suisse se réserve la possibilité de prendre les mesures appropriées, y compris celle de bloquer de tels fonds".

Les autorités françaises ont de leur côté déjà pris des dispositions pour bloquer des mouvements suspects d'avoirs de l'ex-président tunisien et de son entourage.

Les socialistes vont aussi agir

Le Parti socialiste exige également le blocage urgent d'éventuels avoirs en Suisse du clan Ben Ali. La demande sera faite lors de la séance de la Commission de politique extérieure du Conseil des Etats qui siégera lundi et mardi, a annoncé dimanche le PS.

Compte tenu du secret bancaire, le PS ne dispose pas d'indices sûrs permettant d'affirmer que le président tunisien déchu et ses proches disposent d'avoirs en Suisse. Mais, Ben Ali ou la famille de sa femme, le clan Trabelsi, "qui sont des requins de la pire espèce", ont vraisemblablement des comptes en Suisse, a déclaré à l'AP le conseiller aux Etats Didier Berberat (PS/NE), membre de la Commission de politique extérieure.

Répondre rapidement aux autorités tunisiennes

La requête socialiste vise un blocage provisoire à titre préventif. L'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers et les banques devraient empêcher des retraits d'argent, s'ils se présentent. La Suisse doit par ailleurs réserver un bon accueil aux demandes des autorités tunisiennes visant à récupérer des avoirs.

De telles demandes devraient arriver, selon Didier Berberat. Le PS demandera donc au Conseil fédéral et à ses départements d'y répondre "sans délai et d'une manière positive" s'il s'agit de "récupérer des avoirs pouvant résulter de la corruption organisée et d'une mainmise sur l'économie tunisienne, au détriment de la population.

ats/ap/jzim

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