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L'OFSP lance une nouvelle campagne anti-tabac

L'OFSP et son directeur Pascal Strupler détournent les codes des cigarettiers.  [Marcel Bieri - Keystone]
L'OFSP et son directeur Pascal Strupler détournent les codes des cigarettiers. [Marcel Bieri - Keystone]
La Confédération veut faire passer de 27% à 23% la part de fumeurs au sein de la population dans les deux ans. Une nouvelle campagne de prévention, qui parodie les méthodes publicitaires de l'industrie du tabac, a été lancée lundi par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Entre 2001 et 2009, la proportion de fumeurs parmi les 14-65 ans est passée de 33 à 27%. Ce chiffre est toujours élevé en comparaison européenne, mais la Suisse se positionne dans le premier tiers, a expliqué Pascal Strupler, directeur de l'OFSP.

Le Conseil fédéral a prolongé le programme national Tabac (PNT) de quatre ans dans le but de réduire à 23% la proportion de fumeurs au sein de la population suisse jusqu'en 2012. D'autant que le tabac tue encore chaque année quelque 9000 personnes en Suisse, a précisé Pascal Strupler.

L'industrie du tabac singée

La nouvelle campagne nationale de prévention du tabagisme consiste à représenter de manière positive le fait de ne pas fumer, sans "index moralisateur".

Avec "SmokeFree", l'OFSP promet un "paquet de liberté". [Marcel Bieri - Keystone]Avec "SmokeFree", l'OFSP promet un "paquet de liberté". [Marcel Bieri - Keystone]

A cette fin, la campagne utilise les mêmes techniques publicitaires que l'industrie du tabac pour promouvoir la marque des non-fumeurs "SmokeFree", dont le slogan invite à "prendre un paquet de liberté".

Une marque qui offre "la seule cigarette sans substances nocives" et "qui ne nuit pas à la santé". Le paquet "SmokeFree" contient de petites cartes proposant des astuces pour arrêter de fumer. Il sera distribué au public et représenté durant toute la campagne.

Dans une deuxième phase, la campagne fera apparaître des personnages emblématiques tels que l'aventurier ou le jeune couple qui se trouvent dans un environnement sans tabac, où la promesse d'une plus grande liberté devient réalité, relève l'OFSP.

Une "nouvelle liberté"

Ici aussi, les sujets sont traités avec ironie et humour en utilisant l'imagerie colorée de l'industrie du tabac tout en mettant en évidence les possibilités de jouir d'une "nouvelle liberté". Les inconvénients et les dangers de la vraie cigarette sont également évoqués.

La campagne, coûtant 9,8 millions de francs, est financée par le Fonds de prévention contre le tabac. Elle est menée en français, allemand, italien et, en partie, en albanais, anglais, portugais, espagnol, serbe, croate, bosniaque et turc. Son objectif est de toucher le plus grand nombre possible de personnes migrantes vivant en Suisse.

Les deux premières phases de la campagne se déroulent en janvier et en février, suivies d'une troisième phase en juin. Si nécessaire, la campagne pourra être adaptée dès janvier 2011, en fonction des réactions des groupes cibles. Les jeunes sont en particulier visés.

Une étude a montré que chaque franc investi dans la prévention du tabagisme rapporter 41 francs en termes d'économies dans le secteur de la santé, d'après Pascal Strupler.

ap/ats/bkel

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Les enfants de fumeurs sujets à l'hypertension

Les enfants de parents fumeurs ont un risque accru de 21% de souffrir d'hypertension. Ce résultat obtenu dans une étude menée à l'Hôpital de l'Ile à Berne fait dire aux chercheurs que "la prévention des attaques cardiaques et cérébrales commence chez les enfants".

L'étude menée par le Dr Giacomo Simonetti, de l'Hôpital de l'Ile à Berne, en collaboration avec cinq chercheurs de l'Université de Heidelberg (D), a été publiée lundi dans le magazine spécialisé "Circulation" de l'Association américaine de cardiologie. Elle a porté sur 4236 enfants de 5 à 7 ans dont la tension a été contrôlée.

Il est apparu que dans 28,5% des familles le père fumait, dans 20,7% la mère et dans 11,9% les deux parents. Les enfants de mères fumeuses ont une tension plus forte que les enfants de pères fumeurs, a encore révélé l'étude.

"Parce que les enfants passent en général davantage de temps avec leur mère, qui fume en travaillant à la maison, qu'avec leur père, qui fume plus au travail ou ailleurs", selon le Dr Simonetti. L'hypertension mesurée chez les enfants de fumeurs est en moyenne de 15% au-dessus des valeurs normales. Or, la tension artérielle de l'enfant prédispose à l'hypertension dans sa vie adulte.

La fumée, même passive, n'est pas seule en cause. Il faut aussi tenir compte des facteurs de risque comme l'obésité ou la génétique. La conclusion de l'étude est évidente: il faut renoncer à fumer en présence des enfants.