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La Compagnie générale de navigation est sauvée

La solution de compromis consiste à privilégier une structure de holding, avec une "société mère". [Martial Trezzini - Keystone]
La solution de compromis consiste à privilégier une structure de holding, avec une "société mère". [Martial Trezzini - Keystone]
La Compagnie générale de navigation (CGN) est sauvée. Le Conseil d'Etat vaudois a renversé la vapeur: au lieu d'une scission, son projet pour l'assainissement et la restructuration de la CGN privilégiera une holding. Pour le Syndicat du personnel des transports, il s'agit d'un bon compromis.

L'assainissement financier de la Compagnie générale de navigation (CGN) est indispensable pour amortir la perte reportée de 8 millions de francs liée à la recapitalisation de sa caisse de pensions. Il impliquera une réduction du capital social existant (36,6 millions de francs à fin 2009) ainsi qu'un abandon de tout ou partie des créances des cantons riverains (33,7 millions de francs), a communiqué le Conseil d'Etat à l'issue d'une table ronde avec les partenaires de la CGN.

La variante de la holding a été retenue

Diverses variantes ont été examinées pour clarifier les missions de transport de la CGN et celle de conservation du patrimoine Belle Epoque. La solution de compromis consiste à privilégier une structure de holding, avec une "société mère". Cette dernière détiendra le capital-actions de deux "sociétés filles" à créer, soit CGN "exploitation" et CGN "Belle Epoque", société sans but lucratif afin que les dons soient fiscalement déductibles, a précisé le gouvernement.

Afin de garantir la pérennité et la stabilité future de la nouvelle entreprise, les cantons riverains (Vaud, Genève et Valais) détiendront au moins le 51% du capital-actions de la future CGN Holding. Fondé sur ces options stratégiques, un projet de décret permettant de financer la part vaudoise de la rénovation des bateaux "Vevey", "Ville de Genève" et du chantier naval sera transmis au Grand Conseil à brève échéance.

Depuis 2001, quelque 67 millions de francs ont été investis pour rénover et rajeunir la flotte de la CGN. Ces investissements ont été financés pour deux tiers par les trois cantons riverains et pour un tiers par la CGN, l'Association des Amis des Bateaux à vapeur du Léman (ABVL) et Pro Vapore, notamment à travers des augmentations de capital-actions totalisant 25 millions de francs. Cet effort devra se poursuivre pour la période 2013-2020 avec des montants estimés à 3 à 5 millions par an, avec un financement public et privé. Une procédure de classement de la flotte Belle Epoque sera en outre engagée.

Une solution bien accueillie

Dans l'ensemble, cette feuille de route a été bien accueillie par les participants à la rencontre, note le gouvernement. La position des cantons de Genève et du Valais, de même que celle de l'assemblée générale de la CGN, demeurent naturellement réservées. Pour Olivier Barraud du Syndicat du personnel des transports (SEV), "le Conseil d'Etat a sorti le calumet de la paix", après plusieurs mois d'incompréhension qui ont failli déboucher sur la guerre.

Le syndicat avait menacé d'entamer une grève si le gouvernement avait maintenu envers et contre tout sa volonté de scinder la CGN en deux entités distinctes. Il s'agit d'une esquisse de solution, acceptable pour tous. Le Conseil d'Etat a montré un signe de bonne volonté pour assurer la pérennité de la CGN, a souligné le secrétaire syndical. Reste à effectuer quelques réglages, notamment au niveau de la structure du capital.

ats/hof

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