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Téléphonie: la Suisse est toujours très chère

La libéralisation du secteur suit son cours, mais lentement. [Keystone]
La libéralisation du secteur suit son cours, mais lentement. [Keystone]
La Suisse continue de se distinguer de l'Union européenne dans le secteur des télécommunications. L'utilisation d'un téléphone portable est très coûteuse en comparaison internationale. Le consommateur paie environ 50% de plus que dans les autres pays. Le "roaming" est lui aussi très onéreux.

L'utilisation d'un téléphone portable reste systématiquement plus coûteuse en Suisse. Le consommateur paie en moyenne 50% de plus que dans l'Union européenne. La libéralisation des télécoms, c'est-à-dire le dégroupage du dernier kilomètre, suit son cours gentiment mais sûrement. La Suisse reste chère avec un prix fixé pour l'instant à 18,18 francs.

Roaming aussi très onéreux

Seuls des groupes suffisamment puissants, comme Sunrise, peuvent se lancer dans la bataille. Le deuxième opérateur du pays vient d'annoncer que plus de 200'000 ménages disposent désormais d'un raccordement direct à son propre réseau.

Autre constat, le "roaming", soit le fait de téléphoner depuis l'étranger, est nettement plus dispendieux en Suisse. La cause en est simple: le prix est régulé dans l'Union européenne, contrairement à la situation prévalant en Suisse. Reste que pour les voyages effectués en dehors de l'UE, la Suisse est bien placée par rapport aux autres pays.

Investissements à la traîne

"Les télécoms sont un secteur important en Suisse, aussi bien en terme de consommation qu'en tant que facteurs de production", a souligné mercredi à Bienne Philipp Metzger, vice-directeur de l'Office fédéral de la communication (OFCOM).

Malgré les recettes substantielles des entreprises de télécommunications, les investissements ne s'avèrent pas supérieurs à la moyenne. En 2008, les sociétés helvétiques ont investi 15,4% de leur chiffre d'affaires sur le marché, selon l'étude annuelle de l'OFCOM. C'est légèrement plus que la moyenne européenne, qui se situe aux alentours de 14%.

La Suisse demeure toutefois loin derrière les groupes luxembourgeois ou danois dont les taux dépassent allégrement 20%. Les pays récemment entrés dans l'Union européenne occupent également le haut du panier suite à leur besoin de rattrapage.

Large accès internet

"La situation n'est pas dramatique en Suisse, il n'y a pas lieu de tirer la sonnette d'alarme", a estimé Philipp Metzger. Néanmoins en tant que pays dépendant de la société de l'information, la Suisse pourrait faire plus en matière d'investissements, selon le chef de la division Services de télécommunication de l'OFCOM.

Si dans le domaine des investissements, la Suisse est dans le milieu du peloton, elle fait par contre meilleure figure dans l'accès à Internet à haut débit: 56% des ménages disposaient en 2009 d'un accès à large bande, soit 8 points de plus que la moyenne de l'UE. La Suisse est cependant encore loin du Luxembourg, des Pays-Bas ou des pays scandinaves, dont les taux sont supérieurs aux 70%.

De plus, les Suisses ont un usage plutôt traditionnel de la toile. Internet est essentiellement utilisé pour les services conventionnels tels que l'envoi et la réception de courriels, des activités peu gourmandes en bande passante.

De manière générale, les internautes helvétiques goûtent peu aux nouvelles applications. Certaines affichent toutefois une croissance soutenue, à l'instar de la télévision sur internet qui bénéficie de l'effet Coupe du monde.

ats/cer

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Radios et TV locales: critiques de l'OFCOM

L'Office fédéral de la communication (OFCOM) tire un premier bilan très contrasté de la qualité des télévisions et radios locales: sur 37 rapports d'évaluation remis, 23 ne remplissent pas les exigences en termes de gestion de la qualité.

L'OFCOM a constaté un manque de personnel dans de nombreuses rédactions. Il a également noté un déficit de temps pour la planification, la recherche et surtout le contrôle des contributions ou la relecture des informations.

Dans son rapport intermédiaire publié mercredi, l'office souligne aussi l'absence de stratégie concernant la formation et le perfectionnement des collaborateurs chez de nombreux diffuseurs. En outre, la proportion de professionnels par rapport aux personnes en formation n'est pas toujours respectée.

L'OFCOM entend s'entretenir sur une base annuelle avec chaque diffuseur pour discuter des rapports et des mesures d'optimisation possibles. Au total, 58 concessions ont été octroyées.

Concrètement, l'OFCOM veut mettre en place une analyse permanente des programmes par des institutions spécifiques indépendantes afin d'assurer le respect du mandat de prestations. A terme, l'objectif est de lancer un véritable débat sur la qualité des programmes avec la possibilité de prendre des mesures en cas d'infractions graves.

L'Association suisse des radios privées a estimé dans un communiqué qu'il est encore prématuré de tirer des conclusions. Les résultats finaux du rapport ne seront disponibles qu'à la fin de l'année, a souligné l'ASRP.