Modifié le 12 juin 2010

Drame de l'A1: une manif dégénère à Fribourg

Une quarantaine de manifestants ont été interpellés par la police.
Une quarantaine de manifestants ont été interpellés par la police. [ - ]
Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi à Fribourg pour manifester leur soutien aux deux jeunes Français incarcérés suite à la fusillade sur l'A1 en avril dernier. Après avoir lancé des fumigènes, ils ont commis des déprédations au centre-ville.

La manifestation du comité "Justice pour tous contre les violences policières" a dégénéré samedi à Fribourg. Une quarantaine de manifestants sur les cent présents ont été interpellés. Deux policiers ont été blessés, dont un grièvement.

Commencée pacifiquement comme annoncé par les organisateurs, la manifestation a dérapé devant la prison centrale en basse-ville de Fribourg. "La violence est partie d'un coup", a dit le porte-parole de la police Benoît Dumas devant la presse.

Fumigènes et fusées de détresse

L'importance et la violence des moyens utilisés par un groupe des manifestants a étonné la police fribourgeoise. Une centaine d'engins ont été tirés par les manifestants dont des fumigènes classiques et des fusées de détresse utilisées dans la navigation. Ces derniers engins sont particulièrement dangereux, a indiqué le préfet de la Sarine Carl-Alex Ridoré.

Le tunnel de Sévaz (FR), lieu du drame du 18 avril.
Le tunnel de Sévaz (FR), lieu du drame du 18 avril. [Keystone]

Les manifestants se sont symboliquement rassemblés devant la prison centrale en signe de soutien envers les deux jeunes Français fortement soupçonnés d'avoir volé des voitures à Lyss (BE). La course-poursuite avec les policiers s'était soldée par une fusillade sur l'A1 qui avait coûté la vie à l'un des voleurs présumés.

l n'y a jamais eu d'affrontements directs entre manifestants et policiers, ont précisé les forces de l'ordre. Ces dernières ont riposté avec des balles en caoutchouc aux tirs de fusées, en particulier devant la prison. La police a indiqué de pas avoir fait usage de gaz lacrymogènes. Le dispositif policier était dès le début de la manifestation important, bien que tout d'abord très discret. Toute la première partie de la manifestation s'est faite sous l'escorte de trois policiers.

Après l'intervention devant la prison centrale, les manifestants ont été canalisés vers le centre-ville. A la hauteur de la cathédrale, ils ont tiré un engin dans la toiture en bois d'un immeuble ancien. Un début d'incendie s'est déclaré. Les vitres d'un bâtiment de la police à proximité ont été endommagées. Les manifestants interpellés sont pour le moment considérés comme personnes appelées à fournir des renseignements. Leur audition était en cours samedi soir. Certaines d'entre elles risquent d'être prévenues pour émeute, dommage au patrimoine ou mise en danger de la vie d'autrui.

ats/dk

Publié le 12 juin 2010 - Modifié le 12 juin 2010