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Le dilemme des élus romands à Berne: parler français ou passer à l’allemand pour se faire comprendre

Carnet de session: au Parlement, chacun devrait pouvoir s’exprimer dans sa langue, mais souvent ça ne fonctionne pas très bien
Carnet de session: au Parlement, chacun devrait pouvoir s’exprimer dans sa langue, mais souvent ça ne fonctionne pas très bien / 19h30 / 3 min. / le 16 juin 2022
Parler en allemand plutôt qu'en français pour mieux se faire comprendre par les parlementaires alémaniques: c’est parfois devenus nécessaire pour les élus romands face à des collègues qui ne comprennent pas bien le français. L'usage veut pourtant que chacun parle dans sa langue et soit capable de comprendre l'autre.

Durant la session d'été des chambres fédérales, qui s’est déroulée à Berne, les conseillers nationaux vaudois Roger Nordmann (PS) et Olivier Feller (PLR) se sont exprimés dans la langue de Goethe à la tribune du National.

Il s’agit d’une exception à la règle, mais souvent les interventions en allemand retiennent davantage l’attention des parlementaires alémaniques. "On m'a dit que mes réponses en allemand avaient contribué à faire changer d'avis quelques collègues UDC, qui ont finalement trouvé sympathique de soutenir le vin des Romands", explique Olivier Feller au 19h30. En séance de groupe, le socialiste Roger Nordmann admet également ne pas hésiter à passer à l'allemand, lorsque les élus alémaniques ne l'écoutent pas.

Interrogé dans le 19h30, le président des Verts Balthasar Glättli est très clair lorsqu'on lui demande si les représentants francophones sont toujours compris en commission par leurs confrères germanophones. La réponse est sans équivoque: "Non!"

"Parler lentement, choisir des mots simples"

Si beaucoup d'Alémaniques parlent très bien le français, certains ont de vraies difficultés à le comprendre. Il faut trouver des stratégies pour faire passer ses messages :  "Parler lentement, choisir des mots simples", explique la conseillère aux Etats valaisanne Marianne Maret (Centre), qui se refuse toutefois à utiliser l'allemand durant ses plaidoiries.

Céline Weber (PVL/VD) parle en français en commission, mais elle admet que si  l’on veut vraiment convaincre, il faut passer au suisse allemand dans les couloirs. "C'est un avantage certain, c'est indéniable."

Lors des séances de groupe, "Guy Parmelin parle presque toujours en allemand", témoigne Pierre-André Page (UDC/FR).  On lui dit: 'Tu es francophone, parle au moins en français avec le groupe UDC." Le problème étant que lorsqu’il parle français "les gens n'écoutent plus".

>> Voir aussi le minute par minute de la session parlementaire : Dix objets mis sous toit lors des votations finales

Pierre Nebel

Adaptation web: Jérémie Favre

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