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Baisse des taxes ou aides directes, les recettes politiques face à l'inflation

La hausse des prix commence à avoir des conséquences sur le pouvoir d'achat des Suisses et inquiète la classe politique [RTS]
La hausse des prix commence à avoir des conséquences sur le pouvoir d'achat des Suisses et inquiète la classe politique / 19h30 / 2 min. / le 13 mai 2022
Les élus fédéraux s'emparent de la problématique du renchérissement et chaque parti y va de sa proposition pour soulager les ménages suisses. La droite veut moins de taxes, alors que la gauche privilégie des aides directes.

La hausse des prix en Suisse ne pourrait être qu'un début et pour une partie de la population, les fins de mois deviennent difficiles. En un an, le prix de l’essence a par exemple augmenté de 25,1% et celui du mazout de 75,6%. Et de nombreux produits ou denrées suivent le même chemin.

Face à cette poussée du coût de la vie, le conseiller fédéral en charge de l'Economie s'est pourtant montré attentiste dimanche dernier dans le 19h30 de la RTS. "On va voir si la situation s’aggrave, si certains secteurs doivent être soutenus, mais ce serait faux que l’Etat intervienne", a estimé Guy Parmelin.

>> Lire: Guy Parmelin: "Il serait faux que l'Etat intervienne maintenant" sur la hausse des prix

Mais de nombreux parlementaires, de gauche comme de droite, refusent de laisser faire l'économie. "Il ne faut pas attendre avec les mesures, on sait qu’elles mettent du temps à se mettre en place, les besoins sont actuels", relève la conseillère nationale Jacqueline de Quattro (PLR/VD) vendredi dans le 19h30.

La droite veut baisser certaines taxes

Pour soulager les ménages, le PLR demande un allégement temporaire de l’impôt sur les huiles minérales. Il partage cette revendication avec l’UDC, qui a déposé plusieurs propositions en ce sens au Parlement.

Ce parti en appelle également à un plan d’urgence du gouvernement. "J’attends du Conseil fédéral qu’il renonce à certaines taxes durant une période provisoire pour aider la population", explique sa vice-présidente Céline Amaudruz. "On parle de la taxe sur les huiles minérales, mais on peut aussi s’attendre à quelque chose par rapport au gaz", souligne la Genevoise.

>> Lire aussi: Les partis politiques se positionnent face à la hausse du prix de l'essence

La gauche veut agir sur les primes maladie

Pour les Vert-e-s, subventionner les énergies fossiles n'est pas une solution. Ils veulent plutôt limiter le gaspillage énergétique. Et pour soulager les ménages, ils proposent une augmentation des subsides pour l'assurance maladie.

"C’est un outil qui existe", fait remarquer la conseillère nationale genevoise Delphine Klopfenstein Broggini. "C’est par ce mécanisme-là qu’on peut agir rapidement pour les personnes qui en auraient le plus besoin et de manière efficace."

On entend le même refrain au Parti socialiste, qui compte beaucoup sur son initiative populaire visant à plafonner les primes maladie à 10% du revenu.

"Dans le canton de Vaud, on a pu plafonner les primes à 10% et j’ai vu à quel point cela a soulagé des couples de rentiers, des familles", souligne le conseiller national Pierre-Yves Maillard. "C’était vraiment ça qui les mettait sous pression".

Les politiques mettent en avant un panel de mesures à court et à long terme, alors que le coût de la vie a augmenté de 2,5% en Suisse ces douze derniers mois.

Fanny Zürcher/oang

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Pas de mobilisation conjointe des cantons

Les cantons, eux, suivent la situation de près mais ne semblent pas encore prêts à une action concertée face à l'inflation. Invité vendredi soir dans le 19h30, le ministre jurassien de l'Economie a tenu à souligner que l'augmentation des prix reste encore relativement mesurée en Suisse.

Et "les cantons ne peuvent pas contrôler l'évolution de l'inflation", a rappelé Jacques Gerber. "Aujourd'hui, nous devons plutôt cibler notre analyse sur les populations sensibles, vulnérables. Et les instruments existent, on peut les adapter en cas de besoin."

Mais en l'état, le canton ne va pas intervenir pour soulager les personnes les plus fragilisées. Il n'y a pas lieu non plus d'intervenir pour soutenir l'économie, estime le ministre jurassien. "Pour l'instant, au niveau des commandes de l'industrie, on est plutôt dans une situation favorable", a-t-il relevé.

>> L'interview de Jacques Gerber dans le 19h30:

Hausse des prix: Le constat de Jacques Gerber, ministre jurassien chargé de l’économie et de la santé [RTS]
Hausse des prix: Le constat de Jacques Gerber, ministre jurassien chargé de l’économie et de la santé / 19h30 / 3 min. / le 13 mai 2022