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Stephan Wenger: "Le conflit en Ukraine réactive nos angoisses"

Aider et soutenir psychologiquement les Ukrainiens: interview de Stephan Wenger, psychothérapeute [RTS]
Aider et soutenir psychologiquement les Ukrainiens: interview de Stephan Wenger, psychothérapeute / La Matinale / 8 min. / le 10 mars 2022
En Ukraine et sur les terres d'accueil, les besoins en termes d'aide psychologique d'urgence se font de plus en plus ressentir. Si les moyens restent limités sur place, l'assistance psychologique s'organise en Suisse.

Les psychologues ukrainiens ont récemment sollicité la Suisse et d'autres pays étrangers pour soutenir la population civile. La psychologie d'urgence est particulièrement sollicitée dans le pays en guerre. "On nous demande essentiellement de la formation en ligne. Mais aussi des supervisions et des protocoles pour que l'assistance psychologique puisse s'élargir à tout le pays", a expliqué Stephan Wenger, psychothérapeute et co-président de la Fédération suisse des psychologues, invité jeudi dans La Matinale.

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Penser à l'après-guerre

Si une ligne d'assistance de santé psychique existe en Ukraine, le pays réfléchit déjà à des dispositifs pour l'après-guerre. Le but, prévenir les troubles susceptibles d'apparaître chez les militaires notamment. "L'Ukraine entend également fonder un centre national qui permettra de digérer sur le plan psychique l'impact du conflit", ajoute Stephan Wenger.

En Suisse, la prise en charge des réfugiés ukrainiens représente également un défi. Les personnes qui ne parlent pas français s'adressent ainsi directement à des services spécialisés. "Ces services sont habitués à ces situations d'urgence et disposent d'équipes de traducteurs", explique le psychothérapeute.

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Comportements irrationnels

Mais les Ukrainiens ne sont pas les seuls à subir l'impact psychologique de la guerre. "En Suisse aussi, ce conflit réactive nos angoisses. On voit des gens qui nous ressemblent perdre leurs proches. On ne se sent plus en paix", analyse Stephan Wenger.

Le psychothérapeute n'observe pour l'heure pas d'aggravation notable des troubles liés au conflit mais note une augmentation des comportements irrationnels chez les personnes déjà victimes d'angoisses. "Certains commencent déjà à faire des provisions ou à se renseigner sur les abris de protection civile."

Propos recueillis par Valérie Hauert

Texte web: Hélène Krähenbühl

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