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La "puff", cette vape jetable qui envahit les préaux, n'est pas sans risque

La puff fait un tabac chez les jeunes
La puff fait un tabac chez les jeunes / 19h30 / 2 min. / le 21 janvier 2022
En quelques semaines, elles ont envahi les cours de récréation. Les puffs sont des cigarettes électroniques jetables, aux parfums de confiseries et aux allures de gadget. Mais derrière leur goût fruité se cache de la nicotine, qui n'est pas sans danger.

"C'est vraiment doux dans la bouche, elles n'ont pas le goût d'une clope. A la maison, je fume ça dans ma chambre, comme ça ma mère ne sent pas la cigarette. Ça laisse une bonne odeur et la fumée se dissipe facilement", explique une étudiante de l'Ecole de culture générale, à Genève.

Nées aux Etats-Unis, les puffs ont rapidement séduit les adolescents. "C'est un effet de mode. Sur les réseaux sociaux, autour de moi... C'est très coloré et ça donne envie. Il y a aussi le prix: c'est moins cher", souligne la jeune fille.

Sur les réseaux sociaux justement, des influenceurs et influenceuses exhibent leur collection et proposent des prix attractifs. Fruits rouges, menthe fraîche ou encore orange glacée: les parfums sont nombreux et les prix abordables.

Fumer en cachette

En magasin, elles sont vendues entre 8 et 15 francs. Dans une puff, il y a l'équivalent de 600 taffes, ce qui représente un peu plus d'un paquet de cigarettes. "Vous ne pouvez pas les remplir, ni les recharger. C'est de l'usage unique. On ouvre, on fume la journée et on met à la poubelle. Au niveau écologique, c'est une catastrophe", lâche Stéphanie Ceppi.

La gérante du magasin Vap-E-Shop de Morges (VD) préfère promouvoir les vapes rechargeables. Selon elle, ce sont surtout des jeunes qui viennent chercher la version jetable. "Ils sont attirés par la couleur et le prix. Un jeune peut facilement l'acheter en kiosque. Et puis c'est plus discret. Contrairement à la vape, qu'il faut recharger et qui peut se voir, le jeune qui veut fumer en cachette n'a qu'à le mettre dans une poubelle avant de rentrer à la maison."

De la nicotine synthétique

Les puffs se confondent facilement avec des rouges à lèvres ou des stabilo boss. [RTS]

Ces vapes jetables développées pour passer inaperçues ciblent ouvertement les jeunes, avec des formes de rouge à lèvre ou de stabilo boss. L'Association suisse pour la prévention du tabagisme ne cache pas son inquiétude devant cet effet de mode. Selon ses représentants, ces parfums et couleurs enfantines cachent un danger bien réel, car une puff contient jusqu'à 5% de nicotine.

"La nicotine rend accrocs les jeunes. C'est un produit extrêmement puissant, surtout sur le cerveau d'un jeune en évolution. Et aujourd'hui, on sait qu'il y a de la nicotine synthétique dans ces produits. Mais on ne sait encore quel est son impact sur la santé", souligne Luciano Ruggia, directeur de l'association.

Composants inconnus

D'autant que ces puffs sont quasiment toutes fabriquées en Chine, où les compositions "ne sont pas vérifiées, sans aucun standard de qualité, et sans savoir quel mélange chimique il y a à l'intérieur", précise le responsable.

Si après une cigarette on a tendance à faire une pause, la puff - comme la vape - présente le risque de continuer à tirer dessus jusqu'à faire un shoot de nicotine.

Bien que la vente de puffs soit interdite aux mineurs, tous les usagers interrogés affirment qu'il est très facile de s'en procurer en kiosque, ou sur internet.

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Charlotte Onfroy-Barrier, Feriel Mestiri

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