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L'initiative contre l'expérimentation animale peine à convaincre

L'initiative contre l'expérimentation peine à convaincre, même les organisations de défense des animaux. [Leandre Duggan - KEYSTONE]
L'initiative contre l'expérimentation animale peine à convaincre / La Matinale / 1 min. / le 23 décembre 2021
L'initiative qui vise à interdire l'expérimentation animale et humaine peine à réunir des soutiens. Elle a non seulement tous les partis politiques contre elle, mais les milieux de défense des animaux sont aussi sceptiques.

Une initiative extrême et mal formulée: ces mots reviennent à l'évocation de ce texte, soumis à votation le 13 février. Fait très rare: elle n'a recueilli aucune voix au Conseil national. Signe du malaise ambiant, des associations comme Animal free research, et d’autres qui ne souhaitent pas être citées, n’ont encore pas pris officiellement position à ce stade.

Défenseurs des animaux sceptiques

La Ligue suisse contre la vivisection, l'une des principales associations qui prône l'abolition de ces expériences, partage les objectifs des initiants, mais émet néanmoins des doutes sur la forme. Quant aux élus et élues, rares sont ceux favorables à l'initiative, même chez les Verts. Ceux qui le sont, le sont du bout des lèvres, à l'image de Sophie Desbiolles, députée au Grand Conseil genevois.

"Je soutiens l'initiative comme message politique", a-t-elle argumenté jeudi dans La Matinale de la RTS. "Les initiatives qui portent sur l'éthique animale nous font aussi réfléchir sur notre place en tant qu'humains et en tant qu'espèce dans la biosphère. Et je pense que c'est une question fondamentale à se poser." Mais Sophie Desbiolles reconnaît que ce texte poserait trop de difficultés pratiques à être appliqué.

Plusieurs écueils

Les principaux écueils résident dans l'interdiction d'importer des médicaments testés sur les animaux, et l'impossibilité des expériences sur les humains, qui peuvent pourtant, eux, donner un consentement. Alors, trop radicaux, les initiants? "L'initiative est claire, car il est temps d'arrêter ces expériences. Chaque année, 500'000 animaux sont tués pour des expérimentations. Nous y sommes totalement opposés", explique Urs Hans, membre du comité d'initiative.

Vu les réticences de tous bords, ce comité de citoyens alémaniques aura fort à faire pour convaincre le 13 février.

Sujet radio: Marie Giovanola

Adaptation web: Jean-Philippe Rutz

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