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Sophie Ley: "Investir un peu dans les soins infirmiers permet d'économiser énormément"

L'invitée de La Matinale (vidéo) - Sophie Ley, présidente de l'Association suisse des infirmières et des infirmiers [RTS]
L'invitée de La Matinale (vidéo) - Sophie Ley, présidente de l'Association suisse des infirmières et des infirmiers / La Matinale / 11 min. / le 2 novembre 2021
La Suisse votera le 28 novembre prochain sur l'initiative sur les soins infirmiers. Invitée mardi dans La Matinale, la présidente de l'Association suisse des infirmières et infirmiers Sophie Ley estime que le texte permet "de former le personnel de base et de le garder dans la profession".

L'initiative, soumise au peuple le 28 novembre, demande à la Confédération et aux cantons de garantir qu'il y ait suffisamment de diplômés. L'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), à l'origine du texte, veut également inscrire dans la Constitution une réglementation des salaires (lire aussi encadré) et veut imposer à la Confédération de veiller à une meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale.

>> Lire aussi: La campagne pour améliorer les conditions des infirmières et infirmiers est lancée

Selon les initiants, la Confédération et les cantons doivent investir dans la formation afin de former davantage de personnel soignant en Suisse. Une meilleure indemnisation augmentera l'attrait pour la formation et la réinsertion professionnelle des femmes dans le domaine des soins, estiment-ils.

Rejet du contre-projet indirect

"Certes, la Suisse a un nombre suffisant de personnel dans les soins, mais pas du personnel qualifié avec des compétences suffisantes, souligne la présidente de l'ASI Sophie Ley, mardi dans La Matinale. Le nombre ne fait pas la compétence et ne permet pas d'assurer les soins dans leur complexité et dans leur aspect qualificatif."

De son côté, le Parlement a élaboré un contre-projet indirect qui prévoit qu'au cours des huit prochaines années, environ un milliard de francs soit consacré à la promotion de la formation. "Nous le repoussons, car il n'est pas à disposition tout de suite. Il faut d'abord que les cantons mettent en avant des offensives de formations. Et si l'initiative est acceptée, il n'y a aucune contre-indication pour que des éléments du contre-projet ne soient pas repris", note Sophie Ley.

>> Lire aussi: Pour ses opposants, l'initiative sur les soins outrepasse les prérogatives de la Confédération

Avant d'ajouter: "Dans le contre-projet, il n'y a rien pour garder le personnel en place. On sait que ce qui fait défaut dans notre pays, c'est de garder le personnel dans leur fonction tout au long de leur vie professionnelle. Environ un tiers du personnel diplômé part avant 35 ans. L'initiative agit sur les deux points: elle permet de former le personnel de base et de le garder dans la profession."

L'initiative, le "seul outil"

Sophie Ley réfute l'idée de faire du personnel soignant une profession à part. L'initiative populaire était le "seul outil" à disposition des infirmières et infirmiers, après vingt ans "à alerter" le monde politique, "pour faire valoir notre souci lié à la qualité et la sécurité des soins pour la population suisse".

"Plusieurs travaux mettent en évidence que davantage de personnel infirmier diplômé dans les équipes de soins diminuent les coûts de la santé, parce qu'il y a une meilleure évaluation clinique, une diminution des complications chez les patients, une diminution de la mortalité et une diminution de temps d'hospitalisation, indique-t-elle. Investir un peu dans les soins infirmiers permet d'économiser énormément."

>> Le dossier sur les votations fédérales du 28 novembre: Le dossier des votations fédérales du 28 novembre

Propos recueillis par David Berger/vajo

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Le salaire des infirmières et infirmiers au coeur des débats

A la suite d'un reportage du 19h30 le 26 octobre dernier - évoquant le salaire des infirmières et infirmiers - les mails ont été très nombreux et les réactions vives. Plusieurs personnes ont écrit à la RTS pour dire qu'elles gagnaient beaucoup moins que les 7429 francs bruts mensuels, calculés par l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Dans le 19h30 du 28 octobre, le chef de la section salaires et conditions de travail à l’OFS Didier Froidevaux ne s'est pas montré étonné par les nombreuses réactions. Celui qui a fait ces calculs explique qu'il s'agit d'un salaire médian – la moitié des salariés gagne moins et l’autre moitié gagne plus – qui inclut le 13e salaire, le salaire des infirmières spécialisées (qui gagnent plus que les infirmières de base) ou encore les salaires des infirmières cadres.

Ce calcul est jugé problématique pour la présidente de l’Association suisse des infirmières et infirmiers Sophie Ley, car il "fausse la question du salaire que l'on voit habituellement dans les soins en Suisse romande". Un chiffre provenant de la CCT (Convention collective de travail) du secteur sanitaire parapublic vaudois indique qu'en première année, le salaire pour une infirmière de base est de 5298 francs brut par mois et s’élève à 7400 francs en fin de carrière.

 >> Les explications d'Esther Mamarbachi dans Info Verso:

Esther Mamarbachi. [RTS]
Info Verso: les salaires des infirmier·ère·s / L'actu en vidéo / 1 min. / le 1 novembre 2021