Modifié

Michelle Cailler: "La loi Covid et plus particulièrement le pass sanitaire sont discriminatoires"

L'invitée de La Matinale (vidéo) - Michelle Cailler, porte-parole des Amis de la Constitution [RTS]
L'invitée de La Matinale (vidéo) - Michelle Cailler, porte-parole des Amis de la Constitution / L'invité-e de La Matinale (en vidéo) / 11 min. / le 28 octobre 2021
Le 28 novembre prochain, la population suisse se prononcera une seconde fois sur la loi Covid. Dans le camp des opposants, c'est surtout la question du pass sanitaire, jugé inutile et discriminatoire, qui pose problème, a estimé jeudi dans La Matinale Michelle Cailler, porte-parole romande des Amis de la Constitution.

Pour la seconde fois en cinq mois, ce mouvement citoyen apolitique, soutenu cette fois par l'UDC, entre dans l'arène pour lutter contre la loi Covid qui, selon ses membres, bafoue notamment certains droits fondamentaux comme la liberté personnelle ou le droit de se réunir.

Si cette loi contient d'autres éléments, comme l'extension des aides financières à l'économie et à la culture, c'est surtout l'introduction du pass sanitaire qui pose problème aux yeux des Amis de la Constitution.

Droits fondamentaux bafoués

Selon leur porte-parole Michelle Cailler, le certificat sanitaire divise la société, dans la mesure où il crée deux types de citoyens, les vaccinés et les non-vaccinés, qui ne sont pas traités de la même manière.

"C'est intolérable d'imaginer que dans une même nation, il y a des gens qui gardent l'exercice complet de leurs droits fondamentaux alors que d'autres, qui sont considérés comme des pestiférés, ne l'ont plus. C'est discriminatoire", déplore-t-elle, rappelant que leur référendum qui a été bouclé en 26 jours a récolté quelque 187'000 signatures, alors que 50'000 auraient suffi.

"A l'heure actuelle, on essaie de lutter contre les discriminations, qu'elles soient raciales, religieuses ou fondées sur le genre. Et là, on vient avec ce certificat et on balaie tout ce qu'on a fait jusqu'à présent", poursuit-elle.

>> Lire aussi: Loi Covid, épisode 2: l'espoir renouvelé des Amis de la Constitution

"La culture deviendra élitiste"

Quant à l'argument des partisans à la loi Covid selon lequel le pass sanitaire permettra d'éviter de nouvelles fermetures, notamment dans la restauration ou le domaine de la culture, il ne suffit pas. "Oui, on pourra continuer à aller au théâtre. Mais cela veut dire que la culture deviendra élitiste, ouverte uniquement à une partie de la population", insiste-t-elle.

Et quid des voyages? Pour Michelle Cailler, le bon vieux carnet de vaccination devrait suffir. "Dans la loi sur les épidémies figure un article permettant d'avoir un carnet de vaccination, qui existe depuis longtemps. Ce document suffisait jusqu'à présent pour se rendre dans certains pays où des vaccins particuliers étaient requis. Je ne vois pas la différence entre ce carnet et un Code QR."

Le traçage, une "atteinte à la sphère privée"

Le traçage des contacts est également un point qui ne passe pas auprès des Amis de la Constitution. "La Confédération parle de traçage complet et universel, ce qui me dérange un peu", indique-t-elle, ajoutant que pour elle c'est une atteinte à la sphère privée.

Sans oublier une autre problématique, celle de la protection des données. "On l'a vu dernièrement avec le portail EasyGove qui a été hacké. Près de 200'000 entreprises ayant demandé un crédit Covid-19 en 2020 ont vu leurs données s'échapper dans la nature, c'est inacceptable", relève encore l'invitée de La Matinale.

>> Lire aussi l'avis des partisans: Philippe Nantermod: "La loi Covid est moins liberticide que d'imposer de nouvelles fermetures"

Sujet radio: David Berger
Adaptation web: Fabien Grenon

Publié Modifié