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La loi Covid et l'initiative sur les soins infirmiers partent du bon pied, selon le premier sondage SSR

La loi Covid et l'initiative sur les soins infirmiers partent du bon pied, selon le premier sondage SSR [RTS]
La loi Covid et l'initiative sur les soins infirmiers partent du bon pied, selon le premier sondage SSR / 19h30 / 2 min. / le 22 octobre 2021
Soumise au vote de la population le 28 novembre, la modification de la loi Covid-19 serait acceptée, selon le premier sondage SSR publié vendredi. Le texte recueille 61% d'avis favorables. L'initiative sur les soins infirmiers réalise de son côté un démarrage canon, avec 78% de oui. L'issue est incertaine pour l'initiative sur les juges fédéraux.

Le camp du "oui" à la modification de la loi Covid-19 bénéficie d'une avance confortable à moins de cinq semaines du scrutins, selon l'enquête d'opinion de gfs.bern mandatée par la SSR. Si les votations avaient eu lieu dès le 9 octobre, l'objet aurait été soutenu par 61% de la population. Le "non" aurait récolté 36% des voix, alors que seuls 3% des votantes et votants se disent encore indécis.

L'avance de l'initiative populaire "Pour des soins infirmiers forts" est encore plus marquée. Le texte serait accepté à 78%. En ce qui concerne le troisième et dernier objet de ces votations fédérales, l'initiative sur la justice, aucune tendance claire ne se dessine pour le moment.

Loi Covid: le vaccin dans la balance

La population doit se prononcer sur les modifications de la loi Covid-19 datant du mois de mars, qui contiennent la prolongation d'aides financières mais aussi et surtout l'introduction du pass sanitaire.

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Selon le sondage SSR, le statut vaccinal des votants joue un rôle important dans la décision finale. Les personnes non vaccinées refusent majoritairement le texte (71% de "non" chez les personnes ne voulant pas se faire vacciner). Les citoyens vaccinés acceptent quant à eux l'objet (74%).

Par ailleurs, les personnes qui n'ont pas confiance dans le Conseil fédéral rejettent en majorité cette modification de la loi (63% de "non").

Pour cet objet, la polarisation en fonction des partis politiques est forte. De la gauche jusqu'au PLR, les sympathisants soutiennent massivement le texte. Les partisans de l'UDC, en revanche, sont les seuls à le refuser clairement, avec 59% d'avis défavorables.

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Au niveau des régions linguistiques, l'approbation couvre toute la Suisse malgré une part de "non" plus élevée dans les territoires ruraux ainsi qu'en Suisse romande et alémanique.

L'opinion est déjà bien formée, note l'institut gfs.bern.  "C’est un sujet qui nous touche dans notre vie de tous les jours. On a une opinion là-dessus. On connaît le certificat, on sait ce qu’est le Covid-19. On vit avec ça depuis presque deux ans. Et on a déjà aussi voté une fois sur cette loi", relève Martina Mousson.

Soins infirmiers: très large soutien

L'initiative sur les soins infirmiers demande à la Confédération et aux cantons de garantir qu'il y ait suffisamment de diplômés. L'Association suisse des infirmiers, à l'origine du texte, veut également inscrire dans la Constitution une réglementation des salaires et veut imposer à la Confédération de veiller à une meilleure conciliation entre vie professionnelle et familiale.

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Le texte se dirige a priori vers un net succès dans les urnes. Selon le sondage SSR, 78% des votants acceptent l'objet, alors que le camp du "non" ne regroupe que 15% des voix. Les trois régions linguistiques soutiennent largement l'initiative.

Au niveau des partis politiques, les sympathisants du PLR font figure d'exception: ils sont 34% à se prononcer contre le texte, un chiffre sensiblement supérieur à celui des autres formations. L'acceptation est en revanche quasi-totale du côté des Verts (92% pour le "oui") et du PS (90%).

A noter qu'un certain fossé persiste encore entre les sexes. Les hommes sont 19% à vouloir voter contre l’initiative et les femmes seulement 13%.

Interrogé sur les chances de l'initiative de l'emporter au final, gfs.bern rappelle que les initiatives populaires démarrent souvent assez fort, mais perdent du terrain au fil de la campagne. "Dans ce cas particulier (pression sur l'hôpital), il est clair pour tout le monde qu’on devrait faire quelque chose. Ca conduit à une situation exceptionnelle avec une chance d’acceptation de cette initiative", estime Lukas Golder. "On n’a jamais vu une initiative issue des syndicats être acceptée." Si celle-ci était acceptée, "ce serait vraiment historique", souligne-t-il.

Juges fédéraux: issue incertaine

L'initiative sur la justice exige que les juges fédéraux soient à l'avenir tirés au sort. Il n'y aurait plus de réélection et les juges pourraient rester en fonction jusqu'à cinq ans après avoir atteint l'âge ordinaire de la retraite. Le Parlement ne pourrait les révoquer qu'en cas de violation grave du devoir de fonction ou de maladie.

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Le sort de l'initiative est encore incertain. Selon le sondage SSR, une infime majorité de la population (43%) soutient le texte, alors que le camp du "non" est juste derrière (42%). En prenant en compte la marge d'erreur (voir encadré), les intentions de vote arrivent à égalité. Le nombre d'indécis est élevé (15%).

Sur le plan régional, le scepticisme vis-à-vis de l’initiative est plus marqué dans les campagnes que dans les petites et grandes agglomérations. Par ailleurs, la Suisse alémanique est la seule région linguistique où le camp du "non" (43%) dépasse celui du "oui" (42%).

En ce qui concerne l'affiliation aux partis politiques, les sympathisants du PLR se distinguent avec un refus prononcé (58%) de l'objet. De leur côté, les partisans des Verts affichent un soutien au texte plus marqué que les autres partis (55%).

Guillaume Martinez

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Méthode

Cette première enquête SSR sur les votations du 28 novembre 2021 a été réalisée par l’Institut de recherche gfs.bern entre le 4 et le 18 octobre 2021 auprès de 14'568 titulaires du droit de vote (par téléphone et en ligne). La marge d’erreur statistique est de +/- 2.8 points de pourcentage.

Intention de participation

Début octobre, la volonté jusqu'à présent mesurée de participer au vote le 28 novembre 2021 se situe, avec 41%, en dessous de la moyenne de ces dernières années (46 % entre 2011 et 2020).