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L'Université de Genève se penche sur la toponymie inclusive

Comment dénommer et renommer le monde afin de le rendre plus inclusif? (vidéo) [RTS]
Comment dénommer et renommer le monde afin de le rendre plus inclusif? (vidéo) / Forum / 6 min. / le 20 septembre 2021
L'Université de Genève va diriger une équipe internationale chargée de travailler sur les questions de nominations des lieux, en se concentrant sur les problématiques liées à la diversité de genre, la visibilité des minorités ou encore le développement durable.

Cette nouvelle chaire UNESCO en toponymie inclusive s'intitule "Dénommer le Monde". Pendant quatre ans, l'UNIGE se penchera sur cette question avec d'autres partenaires, notamment en Afrique et en Europe.

"Il y a en ce moment de nombreux débats, des mobilisations ou des initiatives, qui se tiennent en milieux urbains autour de la dénomination des rues, mais aussi de manière plus générale pour la dénomination parfois de localités", explique Frédéric Giraut, qui pilotera cette nouvelle chaire.

Selon lui, les enjeux sont évidemment politiques. Mais pas seulement. "Il y a aussi des enjeux culturels, patrimoniaux. L'objectif de la chaire est de contextualiser ces problématiques, mener des recherches et documenter la question. Nous devons aussi servir de lieu de discussion", indique le professeur.

Sous-représentation des femmes

Interrogé lundi dans l'émission Forum, Frédéric Giraut revient notamment sur la sous-représentation des femmes dans les noms des rues.

"Le déséquilibre est très important. C'est un fait en Suisse, mais aussi partout ailleurs. Si on prend comme référence le nombre de rues ou de places nommées d'après des personnes, on est quand même souvent en dessous des 10% pour les femmes", relève le géographe.

Termes de plus en plus neutres

Celui-ci pointe aussi la problématique coloniale. "En Suisse, les débats les plus importants portent sur les rues qui ont le nom de personnalités qui ont pu intervenir au 19e ou 20e siècle sur des questions de racisme."

D'après Frédéric Giraut, les nouveaux noms de lieux sont influencés par les débats sociétaux. "On le voit par exemple avec le terme de Léman Express. C'est un nom qui ne fait pas débat. Lorsqu'on produit des territoires contemporains, on a tendance à aller chercher des dénominations faisant des références de type hydrographiques ou topographiques. Des termes très neutres. Avec le risque d'une néo-toponymie qui efface certains noms de localités au profit des références territoriales", signale le spécialiste.

Propos recueillis par Mehmet Gultas

Adaptation web: Guillaume Martinez

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