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Le président de GastroSuisse Casimir Platzer agace aussi en Suisse romande

Controverses autour de Casimir Platzer, président de GastroSuisse [RTS]
Controverses autour de Casimir Platzer, président de GastroSuisse / Forum / 3 min. / le 14 septembre 2021
Depuis le début de la pandémie, le président de GastroSuisse Casimir Platzer a porté la contestation face aux mesures sanitaires imposées à l'hôtellerie-restauration. Mais désormais, son opposition au certificat sanitaire divise même au sein de sa branche.

D'abord opposé aux fermetures, puis aux masques, voilà Casimir Platzer désormais en croisade contre l'extension du certificat sanitaire aux cafés et restaurants. Et s'il a longtemps été suivi comme un seul homme par la profession, sa radicalité commence aujourd'hui à agacer.

Outre-Sarine, des acteurs et actrices de la branche prennent leurs distances. La semaine dernière dans le Blick, la directrice de l'École hôtelière de Lucerne Christa Augsburger fustigeait par exemple ses "méthodes de s'opposer à tout" et ses "éternelles critiques envers le Conseil fédéral". "Pour nous, le certificat sanitaire est un moindre mal si ça permet d'éviter de nouvelles fermetures", estimait-elle.

De manière générale, les critiques sont plus fortes en Suisse alémanique. Selon plusieurs présidents romands de la branche, cela s'expliquerait en partie parce que Casimir Platzer serait aussi victime de quelques Bernois nostalgiques de son prédécesseur Klaus Künzli, qui n'auraient jamais accepté ce changement de présidence en 2014.

Sujet sensible

Mais l'attitude et les prises de positions de Casimir Platzer divisent aussi en Romandie, même si ses détracteurs hésitent peut-être davantage à l'exprimer. Le sujet est hautement sensible. Parmi les responsables contactés par la RTS, certains acceptent d'être cités, d'autres préfèrent rester anonymes.

La plupart des faîtières romandes des cafetiers-restaurateurs s'accordent pour rappeler que le président de GastroSuisse n'a pas la tâche facile, et lui reconnaissent le mérite d'avoir cassé le vernis doré des faîtières de la branche. Mais aujourd'hui, si certaines faîtières cantonales continuent de le soutenir inconditionnellement, d'autres estiment que le Zurichois en a peut-être trop fait, et qu'à force d'être contre tout, il a fini par lasser, voire coller aux restaurateurs une image contre-productive d'éternels insatisfaits.

Le président de GastroValais le soutient totalement, tout comme le président de la faîtière genevoise, qui apprécie son franc-parler. Il déplore qu'aujourd'hui, "si vous avez le malheur de ne pas penser exactement comme le Conseil fédéral, vous passez tout de suite pour un blaireau ignare et complotiste".

Posture ambiguë

En revanche, certains restaurateurs, victimes parfois de clients mécontents, déplorent cette manière d'alimenter le climat de défiance envers eux. Le président de GastroVaud a par exemple reçu plusieurs courriers d'insulte, le traitant de nazi ou de facho.

D'autres sont encore plus critiques, et estiment que le président de GastroSuisse va finir par ne plus représenter que lui-même. Il devrait consulter davantage les cantons et se mettre un peu moins en avant dans les médias, estiment-ils.

D'autant plus que Casimir Platzer a attisé la polémique la semaine dernière, en confiant au journal 24 Heures qu'il était lui-même non-vacciné. Alors que la faîtière nationale prône officiellement la vaccination pour ses membres, cette affirmation a donné un autre regard sur l'opposition de son président au certificat sanitaire, et posé une équation délicate sur la table. Et quoi qu'il en soit, cet aveu n'a certainement pas permis de calmer le jeu.

Valérie Hauert/jop

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