Modifié

"La géothermie fait partie des solutions pour atteindre la neutralité carbone"

Benoît Valley explique les risques et les enjeux de la géothermie en Suisse (vidéo) [RTS]
Benoît Valley explique les risques et les enjeux de la géothermie en Suisse (vidéo) / La Matinale / 6 min. / le 12 août 2021
Puiser de l'eau chaude dans les entrailles de la Terre pour chauffer des bâtiments, voilà ce qu'est la géothermie. La pratique, encore très rare en Suisse, pourrait être amenée à se développer dans les prochaines années. Invité de La Matinale, le professeur Benoît Valley expose les potentiels de cette technologie.

Depuis cette semaine, sur la Côte, trois camions font vibrer le sol chaque nuit, à la recherche de failles et d'eaux souterraines à exploiter dans la roche, pour de futurs projets géothermique dits de moyenne profondeur.

A la baguette de ce projet se trouve l'entreprise EnergeÔ, qui récolte ces données et souhaite développer une source d'énergie propre dans le canton de Vaud, avec un site dans le viseur dans la commune de Vinzel. Elle compte toutefois en trouver d'autres, d'où les travaux de prospection.

>> Réécouter le reportage de La Matinale:

Un forage dans le cadre du programme Géothermie 2020 à Satigny (GE) en novembre 2017 (image d'illustration).  [Martial Trezzini - Keystone]Martial Trezzini - Keystone
La société EnergieO veut développer la géothermie sur la Côte / La Matinale / 1 min. / le 12 août 2021

>> Lire également à ce sujet: Le potentiel géothermique du sous-sol de La Côte va être mesuré

"La géothermie a une très bonne empreinte écologique"

Pour Benoît Valley, professeur de géothermie à l'Université de Neuchâtel, le type d'opérations envisagées ces jours sur la Côte, avec l'exploration géophysique, représente une "géothermie de moyenne profondeur" qui permettrait à terme "de fournir du chauffage à des quartiers" et ainsi de "réduire la consommation de produits pétroliers".

Car l'avantage de cette technologie est bel est bien son coût énergétique, d'après le professeur: "Le dernier rapport du GIEC était assez inquiétant (...) il faut vraiment mettre en oeuvre toutes les solutions possibles et la géothermie fait partie des solutions pour atteindre la neutralité carbone (...) il y a eu toutes sortes d'études de cycles de vie, d'empreintes écologiques, et la géothermie a une très bonne empreinte", explique-t-il.

>> Revoir le reportage du 12h45 sur le rapport du GIEC:

Le GIEC publie un nouveau rapport alarmant sur le réchauffement climatique. Les explications de Philippe Lugassy [RTS]
Le GIEC publie un nouveau rapport alarmant sur le réchauffement climatique. Les explications de Philippe Lugassy / 12h45 / 2 min. / le 9 août 2021

Quid des risques sismiques?

Se pose toutefois la question des risques sismiques engendrés par cette technologie. Certains projets ont échoué du fait même de ces risques, comme à Strasbourg. A cette interrogation, Benoît Valley souligne la différence importante qu'il y a entre les projets de grande et de moyenne profondeurs: "La géothermie n'est pas dangereuse, mais il y a des risques comme avec toutes les technologies et le risque sismique en est un."

Et le professeur de préciser: "Le premier risque est pour l'opérateur de ne pas trouver les débits, les qualités de ressources et la quantité d'eau en profondeur pour opérer son système (...) Ce qui s'est développé à Strasbourg, c'est de la très grande profondeur, ce sont des projets qui vont à cinq kilomètres et pour lesquels il faut développer le réservoir et faire certaines opérations qui comportent un risque sismique supplémentaire."

"Dans la région parisienne, il n'y a pas de développement de réservoir et donc pas de sismisité induite par les opérations de géothermie. Si on développe ce type de géothermie en Suisse, on arrive à trouver des cibles en profondeur, à les identifier et puis à aller les chercher avec des forages. Le risque sismique avec ce type d'opérations est très faible", conclut Benoît Valley.

Propos recueillis par Agathe Birden

Adaptation web: Tristan Hertig

Publié Modifié