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Le monde agricole se presse de moissonner avant le retour des pluies

Le monde agricole sous pression pour terminer les moissons entre deux périodes d'averses [RTS]
Le monde agricole sous pression pour terminer les moissons entre deux périodes d'averses / 19h30 / 2 min. / le 21 juillet 2021
Le retour des précipitations est prévu en Suisse entre ce week-end et le début de la semaine prochaine. Elles mettent sous pression le monde agricole, qui doit moissonner entre deux épisode pluvieux.

Les moissons viennent de commencer à Genève avec un mois de retard. Les pluies de juillet ont tout changé. En temps normal, le travail est réparti sur des semaines. Mais cette année, tout est prêt en même temps. Les moissonneuses batteuses n'arrêtent pas.

La qualité n'est pas parfaite, les grains sont un peu trop pâles, parfois tachés. Il faut pourtant sauver ce qui peut l'être et récolter avant la prochaine pluie, a expliqué mercredi dans le 19h30 Hubert Dethurens, agriculteur à Laconnex (GE).

"Aujourd'hui, un champ de blé va passer les critères pour faire du pain. S'il reprend une pluie, il risque d'être déclassé et mis pour l'enfouragement des porcs ou je ne sais quel animal, mais ce ne sera pas la même valeur. Donc une pluie peut faire perdre de 30 à 40% le revenu d'un agriculteur", détaille le paysan.

"On doit vérifier chaque lot"

Tout se décide dans les centres collecteurs. Le blé est pesé, mais surtout analysé: taux d'humidité, impuretés et champignons sont notamment traqués.

Cette année, le processus est particulièrement éprouvant: "Normalement, quand c'est homogène, on se fie à la nature. L'aspect visuel, quantitatif. Cette année, on ne peut pas faire confiance. On est obligé de vérifier chaque lot. Au lieu de passer chaque lot en 5 à 7 minutes, on passe parfois 15-20 minutes en fonction de ça. C'est valable pour chaque lot, malheureusement", témoigne John Schmalz, directeur du cercle des agriculteurs de Genève et environs.

Les pluies de juillet ont laissé des traces. Certains agriculteurs n'ont pas pu désherber et les impuretés se retrouvent dans le blé. Une variété sensible de blé a ainsi été très touchée. Contaminée par un champignon, une trentaine de tonnes ont du être détruites, car inutilisables pour l'alimentation humaine ou animale.

Sujet TV: Julien Chiffelle
Version web: Antoine Schaub

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