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Des peines de prison requises contre deux Genevois présumés djihadistes

Des peines de prison avec sursis ont été requises contre deux djihadistes genevois. [Pablo Gianinazzi - Ti-Press]
Le Ministère public de la Confédération a fait preuve de sévérité mercredi au procès de deux djihadistes / La Matinale / 1 min. / le 17 juin 2021
Trois ans de prison pour l’un, deux ans et demi pour l’autre, dont la moitié avec sursis: le Ministère public de la Confédération s’est montré sévère mercredi dans son réquisitoire contre deux djihadistes genevois présumés au Tribunal pénal fédéral à Bellinzone.

Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir tenté, en 2015, de rejoindre la zone de conflit irako-syrienne, alors sous contrôle de l’organisation terroriste Etat islamique. Si les avocats des deux prévenus n’ont pas contesté la culpabilité de leurs clients, ils ont plaidé pour des sanctions beaucoup moins lourdes.

Dans son réquisitoire au Tribunal pénal fédéral, le procureur fédéral a souligné la gravité des faits reprochés aux deux Genevois: leur détermination à vouloir rejoindre les rangs du groupe Etat islamique en Syrie, une organisation terroriste responsable d’exactions bien connues des prévenus. Sans l’intervention de la police turque, qui a intercepté les deux hommes, ces derniers seraient devenus des tueurs, a martelé le procureur.

Entraînement aux techniques d'égorgement

Ce dernier a beaucoup insisté aussi sur un entraînement aux techniques d’égorgement suivi par les deux hommes. Le Ministère public de la Confédération a donc demandé trois ans de prison pour l’un, deux ans et demi pour l’autre, des peines assorties partiellement de sursis.

Excessif, selon les avocats des Genevois: leurs clients n’ont pas de sang sur les mains, ont-ils souligné. La défense a mis en avant leur fragilité identitaire au moment de la radicalisation, le fait aussi que depuis la fin de leur détention préventive, ils n’ont pas récidivé et se sont réinsérés socialement. Il ne faut pas les condamner au-delà du raisonnable, a plaidé un des avocats.

Une peine pour servir d'exemple

Pour l'un des avocats, François Canonica, cette pénalité majeure vise à servir d'exemple, a-t-il estimé jeudi dans La Matinale. "On sait que l'exemple, lorsque c'est le critère essentiel de la fixation d'une peine, c'est un très mauvais raisonnement, parce qu'on ne juge pas les individus pour servir d'exemple, mais on les juge à l'aune et à la hauteur de leur personnalité, de leurs actes, de leurs fautes et de l'avenir qu'on leur dessine ou non".

Le tribunal rendra son verdict ultérieurement.

>> Les précisions du 19h30 sur ce procès:

Tribunal pénal fédéral: deux Genevois, djihadistes présumés, face à la justice [RTS]
Tribunal pénal fédéral: deux Genevois, djihadistes présumés, face à la justice / 19h30 / 2 min. / le 16 juin 2021

Marc Menichini/jpr

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