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Les cantons souhaitent que les assouplissements soient plus rapides

Le conseiller d'Etat bernois Pierre Alain Schnegg. [Peter Klaunzer - Keystone]
Levée des mesures anti-Covid: quelle est la position des cantons? Interview de Pierre Alain Schnegg / Forum / 6 min. / le 23 mai 2021
Les cantons et l'USAM poussent pour des assouplissements plus rapides qu'envisagé par le Conseil fédéral. L'idée de lier la fin de l'obligation du télétravail à des tests réguliers, les limites prévues pour les rassemblements et le port du masque dans les restaurants sont critiqués.

Au terme de la période de consultation, les cantons qui se sont prononcés soutiennent globalement le plan du gouvernement pour la quatrième étape d'assouplissements. L’évolution positive de la situation sanitaire et du taux de vaccination leur paraît toutefois justifier des pas plus rapides. Le Conseil fédéral doit annoncer sa décision mercredi prochain.

A l'exception du Jura, l'idée de lier la levée de l'obligation de télétravail à des tests répétés, compliqués à réaliser pour les PME, ne trouve pas grâce aux yeux des cantons et de l'Union suisse des arts et métiers (USAM). Si cette condition devait être maintenue, Vaud demande que les vaccinés au moins en soient dispensés.

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Masque à table

L'obligation du port du masque hors consommation à l'intérieur des restaurants aussi semble difficilement praticable. Fribourg est pour une obligation uniquement lors des déplacements.

Le maintien du nombre de convives à quatre par table est jugé trop restrictif par certains cantons. Vaud souhaite le porter à six, Berne à dix. L'USAM réclame simplement la fin des restrictions.

Réunions et rassemblements

Plusieurs cantons ne trouvent pas justifié le statu quo proposé pour les réunions et rassemblements. Pour les rencontres privées, Fribourg et Vaud proposent qu'elles puissent réunir 15 personnes en intérieur au lieu de 10, l'Argovie 20. Berne veut même placer la barre à 50. En extérieur, Fribourg est pour un maximum de 20 personnes, Vaud, Argovie et le Jura 30, et Berne de nouveau 50.

Pour l'USAM, 100 personnes à l'intérieur et 300 à l'extérieur devraient être possibles pour les événements privés, sans concepts de protection.

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Les vaccinés doivent être privilégiés

Le Jura approuve les propositions du Conseil fédéral, mais regrette qu'il ne fasse pas bénéficier les vaccinés d'allègements supplémentaires, soulignant l'urgence d'un passeport vaccinal.

S'agissant des rassemblements publics, Appenzell Rhodes-intérieures recommande, comme l'USAM, d'admettre jusqu'à 300 personnes en salle au lieu des cent prévues. Thurgovie préconise une limite de 600 personnes pour les manifestations en plein air au lieu de 300, l'USAM de 1000.

Pour Schwyz, Lucerne et Glaris, le grand nombre de réglementations pour les différents types de rassemblements rend difficile une vue d'ensemble, avec un effet négatif sur l'acceptation par la population.

Côté enseignement, le canton de Vaud s'oppose à des tests massifs de dépistage auprès des étudiants en période d'examens. Il attend aussi du gouvernement une autorisation d’enseignement en présentiel sans condition à la rentrée de septembre.

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Traitement inégal fustigé

Concernant les loisirs, Schwyz demande que les piscines soient mises sur un pied d'égalité avec les bains thermaux et puissent également ouvrir.

La branche de l'évènementiel juge "choquante" l'inégalité des exigences envers la restauration et le cinéma, et son secteur. Pour elle, il n'y a pas de raison qu'elle ne puisse pas aussi bénéficier d'un abandon des concepts de protection moyennant la présentation d'un passeport Covid.

Le Jura note que les différents contrôles prévus vont nécessiter des ressources conséquentes des cantons. C'est un problème pour ceux de sa taille.

ats/jfe

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Pour "un retour à la normale"

Le canton de Berne demande au Conseil fédéral de lever l’ensemble des restrictions dès le 1er octobre, sauf apparition d'un nouveau variant contre lequel la vaccination ne protège pas.

L'USAM veut aller plus vite. Pour la faîtière de l'économie, le modèle proposé par le gouvernement viole la loi Covid 19. Au vu des données épidémiologiques, la situation particulière devrait être abrogée au 1er juin, considère-t-elle.

L'UDC, seul parti à s'être à nouveau exprimé à l'issue de la consultation, exige de même "un retour à la normale", avec suppression de l'obligation de télétravail, du masque, de la task force Covid et de toute restriction en général.

Le PLR avait estimé lors de l'annonce du plan du Conseil fédéral, le 12 mai, que les assouplissements devaient être plus rapides dès que les groupes à risque auront été vaccinés. Le PS, les Verts et le Centre ont plaidé pour la prudence.

Les grandes manifestations présentent un risque, selon Christoph Berger

Les grandes manifestations ne devraient être réservées qu'aux personnes vaccinées contre le coronavirus ou testées négativement, estime l'infectiologue Christoph Berger. Selon lui, les risques subsistent tant qu'une grande partie de la population n'est pas vaccinée.

"Les grandes manifestations continueront à représenter un danger pendant un certain temps et pourraient devenir de grands foyers de contaminations", déclare celui qui est aussi président de la commission fédérale pour les vaccinations dans un entretien diffusé dimanche par la SonntagsZeitung. Le Conseil fédéral n'envisage de tels privilèges que pour une courte phase de transition.

Outre le fait qu'une grande partie des Suisses ne sont pas vaccinés, on ne sait pas combien de temps l'immunité de la vaccination dure, relève-t-il. Il estime en outre que les privilèges accordés aux personnes vaccinées contribueront à augmenter le nombre de vaccinations. "Nous devons convaincre ceux qui hésitent à se faire vacciner".