Allegra - La nouvelle vie du romanche

Grand Format 19h30

Julien Guillaume - RTS

Introduction

Seul un Suisse sur 200 parle la quatrième langue nationale. Certes très minoritaire, le romanche est une langue et une culture bien vivantes. Le 19h30 vous emmène dans les Grisons pour vous faire découvrir et vous faire écouter ce bel idiome.

Chapitre 01
Pourquoi cette série?

Séverine Ambrus à Vrin dans les Grisons pour lancer une série spéciale sur le romanche, quatrième langue nationale [RTS]
19h30 - Publié le 19 mai 2021

Chapitre 02
Le romanche, loin d'être ringard

Séverine Ambrus - RTS

Ivo Orlik, 27 ans, est plus connu sous le nom de Giganto. Ce rappeur vit à Coire et chante dans sa langue maternelle, le dialecte de la Surselva. Agée de 22 ans, Fiona Fiasco, de son vrai nom Fiona Cavegn, est elle aussi née dans la Surselva. Elle habite Berne aujourd'hui, chante en anglais, en allemand, mais aussi en romanche. Ces deux jeunes artistes portent haut la culture romanche et suscitent l'intérêt au-delà des frontières grisonnes.

"Pour moi, la décision de chanter en romanche vient du coeur. Je chante en romanche parce que c'est ma langue maternelle et parce que c'est en romanche que je peux le mieux dire ce que j'ai à dire", affirme Giganto. "Ca me gêne toujours un peu cette idée d'être fier de son pays, de son canton. Ce que je veux, c'est plutôt montrer une certaine culture dans ce qu'elle a d'intéressant et le faire d'une façon moderne", relève pour sa part Fiona Fiasco.

Les deux artistes bénéficient aussi de l'image positive associée aujourd'hui au romanche. "Tout ce qui est un peu différent est souvent perçu comme moderne, à la mode. C'est sans doute pour cela que le romanche est vu comme cool", note Ivo Orlik. Et Fiona Fiasco d'ajouter: "Chanter en romanche est certainement un avantage. Cela permet de se démarquer et peut-être aussi de profiter de l'intérêt qu'on porte aujourd'hui à des thématiques comme celle des minorités."

>> Le reportage de Séverine Ambrus:

La musique romanche suscite de l'intérêt bien au-delà des frontières grisonnes [RTS]
19h30 - Publié le 19 mai 2021

Chapitre 03
Les Portugais au chevet du romanche

Jean-Marc Heuberger - RTS

Le Val Mustaïr est un des berceaux du romanche. Dans cette zone très touristique, au coeur du Parc national suisse, rien ne fonctionnerait sans les immigrés portugais. Représentant un habitant sur six, ils forment la première communauté étrangère de la région. Nombre d'entre eux se sont mis au dialecte local.

Aldina Forrer travaille dans un restaurant de Mustaïr depuis plus de 20 ans. "J’ai appris le romanche avec les enfants du chef. Pour moi, c’était important pour travailler et pour parler aux gens de la vallée", explique cette Portugaise. Le romanche, elle l'a appris facilement, en deux mois seulement, sans prendre de cours. Il faut dire que les deux langues romanes sont linguistiquement très proches.

En adoptant le romanche, les Portugais participent d'ailleurs à maintenir la quatrième langue nationale en vie. "Je veux contribuer à la survie de cette belle langue. Je serais très déçu si le romanche devait disparaître", affirme Claudio Rebelo. Ce secondo portugais né en Engadine est tombé tellement amoureux du romanche qu’il a décidé de l’enseigner à l’école primaire.

>> Le reportage de Jean-Marc Heuberger:

Coup de projecteur sur la communauté portugaise en Engadine [RTS]
19h30 - Publié le 20 mai 2021

>> Lire aussi: Comment les immigrés portugais aident à maintenir le romanche en vie

Chapitre 04
Une langue vivante mais en recul

Julien Guillaume - RTS

Le romanche, dans les Grisons, ça n’a rien de folklorique. C'est même la langue d'apprentissage dès l'école enfantine. "Il est important que les politiciens sachent que la Suisse a quatre langues nationales. Nous ne sommes pas la langue numéro quatre. Ce n’est pas une langue antique pour les musées", affirme Silvio Lechmann, enseignant depuis 34 ans à Sagogn, dans la Surselva.

Le romanche est une langue vivante, mais en recul. Il y avait 70'000 locuteurs en 1910, contre un peu plus de 40'000 aujourd'hui, dont 70% vivent dans les Grisons. Le romanche, c'est aussi cinq dialectes différents éclatés sur un territoire morcelé. Depuis longtemps, la langue est soumise à la forte pression de l'allemand, majoritaire dans ce canton.

>> Le reportage de Julien Guillaume:

Fin de la série sur le romanche. Parlée par 0,5% de la population suisse, cette langue est toujours bien vivante [RTS]
19h30 - Publié le 21 mai 2021