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La nouvelle loi sur le CO2 concerne aussi la place financière

Votation sur la loi CO2 : le contrôle environnemental des banques [RTS]
Votation sur la loi CO2 : le contrôle environnemental des banques / Forum (vidéo) / 2 min. / le 6 mai 2021
La loi sur le CO2 en votation le 13 juin concerne aussi la finance en Suisse: les autorités de surveillance (FINMA et Banque nationale suisse) devront en effet mesurer périodiquement les risques financiers résultant du changement climatique

Selon la loi sur le CO2, la FINMA et la Banque nationale suisse (BNS) doivent évaluer les risques encourus par les établissements financiers, en lien avec le changement climatique. Les autorités doivent ensuite informer sur les résultats.

Ainsi les surveillants devraient par exemple examiner les risques d'une banque qui prête beaucoup d'argent à une entreprise pétrolière. Si on ne peut plus exploiter le pétrole, la banque s'expose à de grosses pertes sur ses crédits, ce qui pourrait la mettre en péril. Il s'agit d'un risque assez hypothétique à court terme, puisqu'il dépend de décisions politiques, mais c'est le genre de scénarios que les autorités de surveillance envisagent.

Une disposition déjà connue

En fait, la FINMA surveille déjà les risques climatiques, ce qui fait dire à certains que la nouvelle loi sur le CO2 n'apporte pas grand-chose sur ce point. Au fond, il s'agira surtout pour la FINMA de mieux expliquer ce qu'elle fait. Jusqu'à présent, elle a été assez avare de détails.

Pour Jean-Pierre Danthine, l'ancien vice-président de la Banque nationale, interrogé dans Forum, on peut vivre avec cette disposition "cosmétique" sur les risques financiers climatiques. "Il y a peut-être un soupçon que ces risques sont sous-estimés, mais la réalité, c'est qu'ils sont très difficiles à estimer".

"Je vois ce que certains banquiers font pour essayer d'estimer ces risques, de mesurer la conformité des stratégies d'entreprises avec les accords de Paris. De ce point de vue-là, j'ai plutôt le sentiment que le secteur financier est en avance sur le grand public en tout cas, et probablement aussi sur le monde politique", relève-t-il encore.

Aussi au niveau international

Les risques liés au climat sont déjà reconnus par les établissements financiers mais les marchés ne les ont pas complètement intégrés. La FINMA cherche donc à mieux les mesurer pour pouvoir les traiter comme n'importe quel autre risque, par exemple un retournement du marché hypothécaire.

Au niveau international, ces risques sont également examinés. Les banques centrales coopèrent et discutent en permanence de cette transition énergétique. Certaines d'entre elles, comme la Banque d'Angleterre, mettent en place des tests de résistance, des "stress tests" climatiques. Même si la pandémie a un peu relégué ce sujet au second plan, il n'en a pas fini de préoccuper les autorités.

Guillaume Meyer/lan

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Les grandes lignes de la loi sur le CO2

La nouvelle loi sur le CO2, validée en septembre après près de trois années de débats, doit permettre à la Suisse de réduire d'ici 2030 ses émissions de CO2 de 50% par rapport à 1990 et de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré.

Elle introduit plusieurs taxes et mesures pour réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990.Le réchauffement climatique doit être limité à 1,5 degré. Ces objectifs conduiront notamment à une hausse du prix de l'essence jusqu'à 12 centimes par litre, en raison des compensations exigées des importateurs de carburant. Une taxe, de 30 à 120 francs selon le vol, sera introduite sur les billets d'avion.