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Les arboriculteurs valaisans s'attendent à d'importants dégâts dus au gel

La vague de froid provoque l'inquiétude chez les arboriculteurs. [RTS]
La vague de froid provoque l'inquiétude chez les arboriculteurs. / 19h30 / 2 min. / le 8 avril 2021
Les arboriculteurs ont lutté contre le gel en Valais où le thermomètre a frisé les moins six degrés. Ils s'attendent à des dégâts conséquents sur les coteaux. Les chiffres seront connus la semaine prochaine.

Le gel a frappé les vergers valaisans depuis dimanche et les arboriculteurs qui ont lutté sans relâche sont inquiets. "La nuit la plus froide était celle de mercredi à jeudi, mais la précédente était la plus compliquée en raison des intempéries", a indiqué à Keystone-ATS Olivier Borgeat, secrétaire général de l'Interprofession des fruits et légumes du Valais (IFELV).

Dans la nuit de mardi à mercredi, le fort vent et la neige ont en effet entravé le bon fonctionnement des bougies chauffantes que les arboriculteurs placent sous les abricotiers situés sur les coteaux. "Nous nous attendons à d'importants dégâts", indique Olivier Borgeat.

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"Techniques complexes à mettre en place"

Ce que confirme Aline Défayes, arboricultrice à Saillon (VS), invitée de La Martinale de la RTS: "La nuit de mardi à mercredi, nous avons eu un gel particulier, avec du vent. Les techniques de lutte étaient donc complexes à mettre en place. Des collègues ont donc déjà perdu leur production 2021 d’abricots."

Les arbres, ici à Saxon (VS), sont arrosés pour les protéger du gel. La glace qui se forme autour des fruits et des fleurs permet de les protéger.  [JEAN-CHRISTOPHE BOTT - KEYSTONE]Les arbres, ici à Saxon (VS), sont arrosés pour les protéger du gel. La glace qui se forme autour des fruits et des fleurs permet de les protéger. [JEAN-CHRISTOPHE BOTT - KEYSTONE]Aussi au micro de La Matinale, Pascal Chollet, producteur à Gland (VD) expliquait que l'utilisation de bougies chauffantes "est relativement onéreux et demande beaucoup de main-d'oeuvre pour la mise en place. On va donc essayer d'optimiser leur utilisation en les allumant le plus tard possible".

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Pour l'heure, impossible pour le secrétaire général de l'IFELV de donner une évaluation précise et chiffrée des dommages. "Nous le pourrons dans une semaine, après avoir tiré un bilan avec l'Office cantonal d'arboriculture et cultures maraîchères", précise Olivier Borgeat. Les fraises et les asperges vertes pourraient aussi avoir été touchées. Les vignes les plus précoces également.

Aspersion et bougies

Le Valais compte quelque 2000 hectares d'arbres fruitiers, dont 400 environ sur les coteaux (des abricotiers). Les abricotiers, mais aussi les pommiers, les poiriers et les cerisiers en fleur sont très sensibles au gel dès -0,5 degré. Fin mars dernier, les arboriculteurs valaisans ont déjà fait face à un épisode de gel. Mais les pertes occasionnées se sont élevées à moins de 10%.

En plaine, le moyen de lutte principal est l'aspersion des arbres avec de l'eau tirée de la nappe phréatique. La transformation de l'eau en glace libère de la chaleur qui va protéger le fruit. Sur les coteaux, les arboriculteurs privilégient les bougies, car l'irrigation par aspersion risque notamment de provoquer des ravinements.

>> Voir les images de la glace due à l'aspersion (source: Elena Lucciarini - Martigny):

Gel sur les arbres fruitiers en Valais [RTS]
La glace formée sur les arbres est le résultat de l'aspersion / L'actu en vidéo / 10 sec. / le 8 avril 2021

Rester vigilant

Le gel n'est pas exceptionnel dans le canton. Mais changement climatique oblige, les arboriculteurs craignent d'être soumis à des épisodes de plus en plus intempestifs et violents à l'avenir, note Olivier Borgeat.

Aline Défayes observe ce changement: "J’ai commencé il y a vingt ans, avec mon père. Il y a eu une période où je devais lutter avec lui contre le gel, puis c'était moins le cas. Et maintenant, on recommence à avoir des températures plus fraîches que ce que j’avais connu avec mon père."

Et d'ajouter: "On a l’impression d’avoir des hivers moins froids. Les végétaux se réveillent donc plus précocement et du coup ils sont plus sensibles aux gels de printemps."

>> Voir son interview complète dans La Matinale:

Aline Defayes partage le désastre du gel de printemps pour les arbres fruitiers (vidéo) [RTS]
Aline Defayes partage le désastre du gel de printemps pour les arbres fruitiers (vidéo) / L'invité-e d'actualité / 5 min. / le 8 avril 2021

La météo devrait être plus clémente ces prochains jours. Mais il s'agit de rester vigilant. Les risques de gel de printemps sont possibles jusqu'à la mi-mai.

Tiffany Terreaux/Valérie Hauert/Valentin Jordil avec ats

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Aides possibles de l'Etat

En cas de gros dégâts, les arboriculteurs ne peuvent pas compter sur des assurances, trop chères à contracter, mais bénéficient parfois d'une aide cantonale. Cela avait été le cas en 2017, lorsque le gel avait durement frappé le canton, entraînant une perte de récolte de 35% dans l'arboriculture (50% des abricotiers) et 30% dans la viticulture.

"Il est toujours délicat de communiquer sur les pertes. Nous devons préserver nos parts de marché avec nos abricots suisses, parce que nous préférons que les consommateurs mangent nos fruits que ceux de l’importation", estime Aline Défayes, arboricultrice à Saillon (VS), invitée jeudi de La Matinale.

La perte financière s'était montée au total à 70 millions de francs. Canton et Confédération avaient octroyé une aide de 7,6 millions de francs. Malgré des conditions très particulières, Aline Défayes n'attend pas forcément d'aides de l'Etat: "On va se débrouiller par nous-mêmes. On assure. On lutte. On se bat. L’idée est de sauver notre gagne-pain."